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Comptes-rendus des conférences de l'année 2003-2004 ...

Samedi 18 octobre 2003 - Mandrin dans la Loire par Lionel Schaeffer

Au XVIIIe siècle, le paysan français est accablé par les impôts. On distingue les impôts féodaux, les dîmes et les impôts royaux. Le paysan doit s'acquitter de différents impôts qu'il porte au château ou à l'église, les rentes seigneuriales foncières, les redevances sur la moisson.

L'impôt royal qui se rajoute, ampute un revenu déjà bien mince. D'autant plus que ces redevances varient en fonction des besoins du roi. Ces impôts royaux ne sont pas prélevés par l'administration royale mais par de gros financiers nommés fermiers généraux.

Le roi adjuge par le biais d'enchères ce droit de prélever l'impôt. L'administration royale leur fixe une somme à payer d'avance au Trésor Royal, puis les Fermiers Généraux lèvent ensuite l'impôt. Pour cela ils possèdent de nombreux employés à leur service.

Les taxes sont élevées, le système de prélèvement injuste, vexatoire. Si bien que les Fermiers Généraux focalisent la haine du peuple. Dans ce contexte la contrebande permet d'obtenir à bas prix des marchandises fortement taxées par la ferme.

Louis Mandrin est né à Saint-Etienne de Saint-Geoirs, dans le Dauphiné le 11 février 1725. A la suite d'un mauvais investissement dans un commerce de mules pour l'armée française dans le contexte de la guerre de succession d'Autriche, il est ruiné. Il focalise sa haine sur la Ferme Générale responsable de cette ruine.

Voulant sauver ses frères, il commet un meurtre. Il fuit alors en Savoie, terre étrangère et intègre la bande d'un nommé Belissard. On ne sait comment mais il en devient rapidement le chef. Un chef charismatique, imposant à ses hommes une discipline militaire.

Entre janvier et décembre 1754 il mènera six campagnes lui permettant des incursions en France où il viendra vendre le tabac, les étoffes et autres marchandises qu'il achète en Suisse.

Quatre de ces campagnes lui feront découvrir la Loire, et plus particulièrement Montbrison, où il fit deux passages remarqués et détaillés par Claude Latta. Il y inaugurera des procédés comme la libération de prisonniers. Surtout il y démontrera ses talents de chef militaire au service d'un commerce bien rôdé. Il va parcourir de nombreux kilomètres dans la Loire.

La mort de Mandrin sur la roue, à Valence marque la fin de ses agissements mais aussi le début d'une légende tant l'homme marqua les esprits de ses contemporains.

Samedi 15 novembre 2003
- Saint-Etienne sous le règne de Louis XV, la chronique de Beneyton (1698 - 1772)
par François Marin

Meilleure source de l'histoire de la ville avant la Révolution, mais jamais publiée, cette chronique rédigée par Claude Beneyton, charpentier et entrepreneur de travaux stéphanois, comporte deux parties : une chronologie et une description de Saint-Etienne et de ses institutions.

Les événements des années 1720 - 1770 sont décrits au jour le jour. Beneyton, catholique rigoureux et honnête homme prend parti pour les intérêts de la ville contre les abus qu'il dénonce. Il voyait dans les malheurs de son époque un châtiment divin et accusait la caste des " marchands " d'exploiter une main-d'œuvre bon marché en lui refusant le droit à l'instruction. Il blâmait aussi la dépravation des mœurs et la corruption de la justice.

Une chronique rendue vivante et passionnante par M. François Marin, conservateur de la bibliothèque municipale.

(extrait du numéro 212 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

 

Samedi 17 janvier 2004
- Saint-Etienne sous l'Ancien Régime… vérités méconnues et percutantes par Michel Bourlier

Une ville à la recherche de son statut de capitale industrielle.

Il n'y a pas de symbole plus tangible de la vocation de capitale industrielle de la ville de Saint-Etienne sous l'Ancien Régime, que cette pierre dite de la " discorde " miraculeusement sauvée des destructions de la vieille cité. Conservée au Musée de l'Association des Amis du Vieux Saint-Etienne, cette pierre de grès houiller qui ornait le vaste porche d'une construction stéphanoise aujourd'hui disparue porte, sous la date de 1569 cette devise troublante : " Discorde désole les royaumes et amoindrit les choses grandes… ".
Le constat philosophique affiché là vise d'évidence la cruelle époque des guerres de religion. Il n'en a pas moins une valeur prophétique en ce qui concerne les deux siècles et demi qui vont se succéder sur notre sol stéphanois…

Jusqu'à la révolution de 1789, la population stéphanoise (du moins comme l'on dit dans les actes d'assemblées du temps " la majorité de la population " - pensante d'alors - va se heurter sans cesse, dans ses initiatives à l'autorité de ses seigneurs, les Marquis de Saint-Priest et de Saint-Etienne.
Cet énorme malentendu aboutira à la condamnation par la cour des Grands Jours d'un seigneur au motif inouï pour l'époque, "qu'il empêche les habitants de la ville de vaquer à leurs affaires ". Cette situation perdurera même après 1789. Elle engendre une succession fâcheuse de non dits, véritables pièces imbriquées d'un puzzle fatal qui retarde d'autant son rôle de capitale industrielle.

I - Cette série de situations nuira fâcheusement à la reconnaissance des activités économiques énormes déjà d'une cité. Elle n'aide pas plus à la lecture de son histoire qu'à la conservation de ce qui reste de son patrimoine. Elle marque à jamais son légendaire esprit d'initiative …
- carence profonde d'organisations professionnelles structurées. Toute reconnaissance de corporations sous-entendrait une autorisation seigneuriale et des redevances haïes… Il en résulte une énorme sous-traitance. Le vendeur est très rarement le fabricant. Toute crise économique frappe donc essentiellement journaliers et artisans " payés à la pièce ". D'où l'accentuation des situations précaires et la préoccupation spirituelle (c'est le Siècle de Monsieur Vincent) d'y faire face par des institutions caritatives libérales.

II - Cette volonté d'indépendance typiquement stéphanoise ouvre la voie à tous les pièges :
-
chaque fois reconnue par les autorités parlementaires les plus hautes, elle favorise, par le biais des institutions caritatives libérales du temps (Hôtel-Dieu et Charité) l'influence janséniste du temps et ses excès.
- elle favorise aussi la main mise de grands négociants, de grossistes en tous genres, dont les ambitions ne sont entravées par aucune réglementation et dont la priorité reste le profit…
- en opposition systématique au nom de ce profit, les " décideurs " potentiels du temps marqueront désormais à toute tentative d'amélioration sensible et organisée des conditions de travail comme de transports de produits fabriqués. Toute organisation hiérarchisée est immédiatement ressentie comme une atteinte à la séculaire liberté d'entreprendre… (canal des deux mers, mines de Roche-la-Molière, etc.).

III - Seules les révolutions industrielles, techniques de fabrication, nécessité de cadences de production, avec des apports venus de l'extérieur (dans les forges notamment) couronneront avec 1900 SAINT-ETIENNE CAPITALE INDUSTRIELLE…

 

Samedi 20 décembre 2003
Denis Epitalon et ses fils (1794-1908) par Gérard-Michel Thermeau

Bravant le mauvais temps et bien que Noël soit proche, un certain nombre de sociétaires sont venus assister à la conférence consacrée à Denis Epitalon et ses fils, qui achevait un trimestre placé sous le signe du ruban (bulletin du mois d'octobre, rencontre-mémoire de décembre).

L'entreprise Epitalon a été l'une des plus durables de la fabrique stéphanoise. C'est par ailleurs la seule grande entreprise de ce secteur dont les registres comptables ont été versés aux Archives départementales : source précieuse et quasiment unique. De surcroît, le fondateur, Denis Epitalon, a été un personnage excentrique, et a fait l'objet d'une monographie assez minutieuse, peu après sa mort, par un abbé employé par la famille.

Dans une première partie, le conférencier évoque avec un pittoresque qui n'exclut pas la précision, l'ascension exemplaire d'un fabricant. Né dans le quartier de Tarentaize, fils d'un modeste aubergiste, orphelin de bonne heure, Denis Epitalon (1794-1874), après avoir été blessé lors de la campagne de France (1814), entre comme commis chez un cousin, fabricant de rubans. Il crée son propre commerce (1825) et sous la raison Epitalon Aîné l'entreprise va connaître une prospérité certaine sous la monarchie de Juillet par la vente de rubans satins sur les marchés de Londres et de Paris. Il fait construire les immeubles entre la rue de la Bourse et la rue Mi-carême qui abritent à la fois son logis et ses ateliers. En 1854, il se retire laissant l'entreprise à ses deux fils, Claude (1822-1877) et Jean-Marie (1825-1908), qui vont adopter une nouvelle raison, Epitalon frères.

Denis, catholique austère, marqué dans sa jeunesse par le jansénisme, va dès lors se consacrer essentiellement aux Petites sœurs des pauvres dont il est le bienfaiteur à Saint-Etienne. La richesse n'a pas modifié son train de vie très modeste : il n'a toujours possédé que deux habits et refuse même de coucher dans sa propriété de campagne du Maniquet, à l'Étrat, pour ne pas s'amollir.

La seconde partie s'intéresse aux fils de Denis et surtout à l'évolution de l'entreprise. Sous le Second Empire, Epitalon frères connaît un développement extraordinaire et à la Belle Epoque a des représentants à Londres, Manchester, Glasgow, Bruxelles, Hambourg, Vienne, Bucarest et Constantinople. Après le retrait et le décès de son frère, Jean-Marie continue seul et sait s'adapter aux temps nouveaux. A côté de la fabrique traditionnelle, il comprend la nécessité de créer une usine au début du XXe siècle : elle est construite à Lapte en 1902. Quand il meurt en 1908, il est un des principaux industriels du ruban de la ville avec Giron, David et Colcombet : il laisse une fortune de près de 6.700.000 de francs-or !

(extrait du numéro 213 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

Samedi 17 avril 2004 - La Loire forézienne par Henri Nochez

1642 - L'achèvement du canal de Briare, qui relie les bassins de la Loire et de la Seine, peut permettre à des bateaux foréziens d'aller jusqu'à Paris par la voir fluviale. Vers la fin du XVIIe siècle, à Paris et dans la région parisienne, le bois, qui était jusque là le combustible essentiel, commence à manquer. On se tourne donc vers le " charbon de terre ", dont il existe un gisement connu depuis longtemps, dans la région de Saint-Etienne.

Un personnage important, Pierre de la Gardette, demande au roi Louis XIV la concession du transport de charbon sur la Loire. Le Conseil du roi lui accorde cette concession, l'autorisant à démolir les obstacles gênant la navigation et à ouvrir des " minières " de charbon de terre. La ville de Saint-Etienne craignant que le charbon ne vienne à manquer pour alimenter ses propres industries, demande - et obtient - qu'un périmètre de protection de deux lieues soit créé autour de la ville. C'est la " Réserve ", qui sera un frein au développement des mines comprises à l'intérieur du périmètre. Cette Réserve sera confirmée en 1724, mais ramenée à 2.000 toises en 1763, avant de disparaître en 1824. De nombreuses dérogations seront d'ailleurs accordées à des exploitants comme le Baron de Vaux, pour alimenter des manufactures royales comme celle de Sèvres.

Des travaux importants ayant été réalisés pour rendre la Loire navigable, particulièrement dans les gorges en amont de Roanne, le transport du charbon s'organise à partir de 1704.

Les bateaux utilisés pour ce transport sont construits à Saint-Rambert, où existe depuis longtemps un savoir-faire des charpentiers en bateaux, ce qui n'exclut pas que des techniques nouvelles aient pu être apportées par des artisans venus de la région roannaise. Nommés saint-rambertes, salambardes, sapines, ces bateaux sont de grandes dimensions, mesurant jusqu'à près de 30 mètres de longueur. Construits en planches de sapin montées " à clin ", c'est-à-dire en se chevauchant partiellement, ils ont un faible tirant d'eau et peuvent emporter, au départ de Saint-Just, une charge de 10 " voies ", près de 20 tonnes. L'étanchéité est réalisée avec de la mousse qui est compressée entre les planches maintenues par des chevilles de bois. Une longue et forte rame sert de gouvernail. Pour naviguer dans les passages difficiles, de solides perches de bois, les bourdes ou bâtons de marine, coincés dans les " arrançoirs ", permettent d'éviter les obstacles. Il faut dix grands sapins et 20 jours de travail à deux ouvriers pour construire un bateau dont le prix de revient est modique (l'équivalent de 500 euros en 1800) car le bateau est vendu ou détruit au terme de son voyage.

Les bateaux construits dans les ateliers de la rive gauche traversent ensuite le fleuve pour être chargés sur la rive droite où se trouvent les " magasins " de charbon qui vient d'abord du plateau de Roche la Molière. Des convois de mulets et de chars tirés par des bœufs sont conduits par des voituriers. Les bateaux arriveront à Paris portant près de 60 tonnes.

Les accidents sont nombreux, causés par le mauvais état des bateaux, les obstacles parsemant le lit du fleuve, les intempéries… Des crues catastrophiques, en 1754, 1791, 1846, provoquent la ruine des charpentiers en bateaux et de plusieurs maisons de commerce.

Le commerce prendra pourtant une rapide extension. Vers la fin du XVIIIe siècle, ce sont près de 1.500 bateaux chargés qui quittent le port de Saint-Just. Au début du XIXe siècle, les lois sur les mines, la suppression de la Réserve, la création des grandes compagnies minières et les progrès techniques favoriseront le commerce du charbon, bien géré par des " maisons " comme celle des Berry-Labarre, des Vial-Grenetier, ou encore des Mellet-Mandard.

Vers 1820, la Compagnie des mines de Roche-Firminy créera un port à La Noirie, près du Pertuiset, pour l'embarquement du charbon des mines de Firminy. Quant au port d'Andrézieux, il se développera à partir de 1810. L'arrivée du premier chemin de fer, en 1827, permettant l'acheminement de quantités importantes de charbon des mines de Saint-Etienne, favorisera l'extension du transport fluvial qui verra son apogée vers 1840 avec plus de 4.000 bateaux expédiés de Saint-Just et Andrézieux.

En 1846 une crue de la Loire provoque des dégâts considérables. Les charbons venus du Nord de la France mais aussi de Belgique et d'Angleterre concurrencent les charbons stéphanois. L'achèvement du pont du chemin de fer de Roanne en 1856 permet le raccordement avec la ligne de Paris. Très vite le commerce par la voie fluviale décline. Il s'éteindra vers 1875. En un peu plus de 150 ans, ce sont plus de 250.000 bateaux qui ont transporté, surtout vers la région parisienne, 12 à 15 millions de tonnes de charbon, favorisant l'essor des mines de la région stéphanoise.

(extrait du numéro 214 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

Comptes-rendus des conférences de l'année 2004-2005 ...

Samedi 16 octobre 2004 - La Bourse du Travail - 1884-1914 - De l'institution au bâtiment par Jean-Michel STEINER

Jean-Michel STEINER, agrégé d'Histoire, enseigne au lycée Jean Monnet à Saint-Étienne, chercheur associé à l'Institut d'Études et de Recherches sur les Patrimoines (IERP) à l'Université Jean Monnet de Saint-Étienne.

L'idée des Bourses du Travail qui mûrit dans les villes ouvrières françaises et en particulier à Paris prit racine dans un contexte économique et social troublé au milieu des années 1880. L'appellation elle-même renvoyait à un souci d'organisation du marché du travail exprimé par un prolétariat que désorientait la montée du chômage. Dans le même temps, la pleine application des principes démocratiques renforça le poids de l'électorat ouvrier dans les centres industriels, et rendit les hommes politiques républicains plus attentifs à ses demandes.

Une première "Bourse du Travail" fut créée à Saint-Étienne par le maire "socialiste", P-Émile GIRODET et inaugurée en grande pompe, place Marengo, le 14 juillet 1888. Dans les vingt années qui suivirent, elle développa des services nombreux et variés (placements des ouvriers et statistiques du chômage, aide à la création de syndicats, bibliothèque, cours professionnels, viaticum pour les ouvriers de passage, dispensaire médical …). Elle devint ainsi un modèle pour de nombreuses villes désireuses de se doter d'un équipement semblable.

Projeté depuis les débuts des années 1880, le bâtiment édifié cours Victor Hugo, sur les plans de l'architecte Léon LAMAIZIÈRE, fut achevé en 1904. Les variations de majorités municipales expliquent qu'il reçut plusieurs destinations successives. Le militant syndicaliste Jules LEDIN, maire en 1900, décida finalement de l'affecter aux syndicats mais aussi aux mutuelles, aux cours professionnels … Voilà pourquoi on ne peut lire sur la façade la mention "Bourse du Travail" qui figurait pourtant place Marengo !

Samedi 20 novembre 2004 - Virgile n'est pas Virgile … et autres histoires des noms de rue stéphanoises en hommage à Jean TIBI

C'est une conférence à trois voix qui a rendu hommage à Jean Tibi et à son ouvrage Histoire des rues , ce samedi 20 novembre 2004. Geneviève Liogier s'est chargée d'introduire le sujet, Madeleine Boschko a évoqué les femmes honorées et les activités artistiques et économiques, puis Francine Chanut s'est intéressée aux sports.

A quoi cela sert-il de nommer les rues ? En a-t-il toujours été ainsi ? Comment se passe la dénomination au niveau municipal ? C'est à ces questions très concrètes qu'a répondu Geneviève Liogier. Nommer les rues est devenu, avec le développement urbain et le problème de distribution du courrier une nécessité. A Saint-Etienne l'axe Nord-Sud avec ses multiples dénominations complique les choses et à partir de la Révolution l'idéologie a largement pénétré la toponymie, avec les conséquences que l'on connaît quand l'idéologie varie ou quand la résistance populaire se manifeste. Un regret : qu'on ne sache pas situer, grâce à des plaques plus précises, la personnalité honorée . Quelques exemples stéphanois ont été évoqués, dont celui, récent de la place du Peuple qui aurait dû s'appeler Jean Dasté, celui des martyrs de Vingré, ou encore ceux de la rue de la République ou de l'avenue Président Faure.

24 rues portent des noms de femmes, surtout des personnalités locales. Pour les personnalités d'envergure nationale : Colette, Cécile Sauvage, Rachel, Edith Piaf. Deux militantes : Séverine, Louise Michel, une psychanalyste Françoise Dolto.

Mais Histoire nationale et histoire locale se croisent, c'est le cas pour quatre d'entre elles Il y a généralement un lien entre la femme honorée et la tendance politique de la municipalité qui entérine les choix avec une exception : Joseph Sanguedolce qui nomme Jeanne Jugan, fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres, bel exemple d'ouverture d'esprit. Les femmes choisies sont des exemples, illustrations de vertus, courage physique et moral, de dynamisme.

Les artistes locaux sont largement reconnus, dans tous les domaines. Musiciens écrivains, historiens, journalistes, érudits, historiens locaux, sans oublier les hommages rendus aux AVSE. Les peintres, sculpteurs et graveurs figurent eux aussi en bonne place.

Les noms de rues rendent, bien sûr, hommage à l'activité économique, aux lieux de production, aux métiers et aux hommes pour l'arme, le ruban, la mine, le cycle la métallurgie et même le chocolat. Lieux d'activité, métiers, et surtout acteurs, entrepreneurs, fabricants, inventeur, industriels.

La mine reste un monde à part, avec des dénominations beaucoup plus évocatrices et concrètes, plus nombreuses et diversifiées, puits, outils, hommes. . Des sports rares aux plus populaires : Le nom du sport ou de ses adeptes et champions est utilisé pour nommer les rues.

Des sportifs connus sur le plan national ou ayant un lien avec la ville, d'autres connus seulement sur le plan local.

Le vol en ballon, l'aviation, le tir à l'arc, le cyclisme, avec ses fabricants et champions Le golf, un sport nouveau à Saint-Etienne, né de la valorisation de friches minières (puits de la Chana) et de la décharge de Momey.

Le sport le plus populaire au pays du chaudron vert, le football est très présent Ses fondateurs sont honorés avec le nom du stade et d'une rue qui le borde, en reconnaissance de leur rôle dans la mise en place du foot professionnel à Saint-Etienne. Présidents, entraîneurs, joueurs, stéphanois ou non sont eux aussi présents dans le quartier du stade Geoffroy Guichard.

Enfin, les militants sportifs sont honorés en reconnaissance du rôle joué dans la diffusion du sport.

On peut suivre l'évolution d'une ville à travers les changements de noms de ses rues au gré des changements politiques ou matériels. Mais certains changements ne sont pas acceptés par les habitants …

(extrait du numéro 216 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

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Samedi 21 mai 2005 - Saint-Galmier

Ravissante petite ville dominant la vallée de la Coise, Saint-Galmier possédait un habitat romain près d'une source d'eau minérale et c'est vers 650 qu'un abbé remarqua un très pieux serrurier ou forgeron, nommé BALDOMERUS, qui fut ordonné sous diacre. Après sa mort des miracles eurent lieu sur sa tombe, aussi son village natal prit-il son nom, " Sancto Baldomerus " francisé en Saint-Galmier (dont les habitants s'appellent bien sûr les Baldomériens).

Au XIIe il y avait un château, et une enceinte elliptique, mais vers 1280 la population s'installe hors des murs, et Saint-Galmier est la seconde ville forézienne. Des familles importantes s'y installent : J. Appensat qui deviendra banquier du Comte de Forez, les Gadagne vers 1416, puis les seigneurs de Cuzieu. Au XVIIe, la ville voit la création de plusieurs couvents : Cordeliers, Ursulines. En 1839, elle prend un essor très important avec la commercialisation de l'eau minérale sous l'impulsion de Saturnin Badoit, et en 1899, J. Desjoyaux fonde la Société hippique. Et c'est avec les Amis du Vieux Saint-Galmier que nous ferons une visite complète de la ville.

Le centre avec la grande place de l'Hôtel de Ville, bâtiment néo-Renaissance (1869), la " porte de la Devise " (1538) qui tire son nom du proverbe " Qui voit la poutre… " inscrit au fronton. Nous arriverons vers l'église construite au XVe mais dont la façade et le clocher ont été refaits au XXe.siècle Le premier clocher était le donjon. A l'intérieur qui a été décapé, on retrouve des décors d'origine et de différentes périodes.. Egalement un remarquable triptyque du XVe en bois sculpté doré attribué aux imagiers des Flandres : la Vierge, sainte Catherine et sainte Barbe y figurent et au revers saint Guillaume et saint Jean-Baptiste. Puis " la Vierge au pilier " du XVIe,(elle était autrefois contre le pilier au-dessus du triptyque) merveilleuse représentation de Notre-Dame de Grâce, en pierre calcaire, attribuée à Michel Colombe.

Les fonts baptismaux avec panneaux sculptés évoquent l'Ancien Testament. On peut voir ensuite les traces de l'ancien jubé. Puis les vitraux du chœur, œuvre du verrier Mauvernay. Celui-ci, né en 1810, peintre à Lyon, s'installe en 1835 à Saint-Galmier où il se marie en 1838. Ancien élève d'Ingres, il devient maître verrier et ses œuvres d'inspiration religieuse pour les églises peuvent devenir profanes et mythologiques pour orner châteaux et demeures de particuliers.. Il retrouve notamment le secret de la couleur " chair " ainsi que l'étonnant " bleu velouté ". Nous continuerons la visite de l'église et des chapelles (celle du Rosaire a une clef de voûte datée de 1519).

Nous descendrons vers l'ancien hôpital pour voir le cloître et la chapelle du couvent des Ursulines (XVIIe), à l'intérieur un très beau retable et une Assomption de la Vierge. Quelques rues plus loin, une maison du XVIe avec armoiries, une autre dite " de Saint-Galmier " avec la statue du saint et nous arriverons à la chapelle Notre-Dame des Pauvres, un des plus anciens bâtiments de la ville (achevé vers 1495). C'est la chapelle du premier Hôtel Dieu, dont la fondation a bénéficié de donations des comtes de Forez ainsi que de celle de Jeanne de Bourbon. Au rez de chaussée se trouvait la salle d'accueil et la chapelle elle-même est petite. A la clé de voûte on voit le monogramme du Christ et des têtes d'anges. De fines retombées de voûtes portent les monogrammes du Christ et de la Vierge Marie. Sur un côté restent des arcatures en anse de panier, à gauche une fenêtre en ogive. A l'étage au-dessus (qui était la salle de repos) une remarquable exposition de vitraux de Mauvernay récupérés, restaurés et provenant de son domicile personnel. Nous terminerons la visite par une maison XVIe, remarquable par une étonnante fenêtre d'angle à meneaux.

Les Amis du Vieux Saint-Galmier, propriétaires de cette maison, nous offriront un agréable " pot de l'amitié ". Merci à tous ces bénévoles qui ont bien voulu nous servir de guides pour cette visite.

Dimanche 5 juin 2005 - Voyage annuel · Les trésors de l'art roman en Brionnais

Départ de bonne heure pour cette longue journée de promenade à la découverte de l'art roman en Brionnais. Ce pays très connu pour l'élevage des bovins s'étend le long de la rive droite de la Loire et était un des 19 bailliages du duché de Bourgogne. Près de 60 églises et chapelles furent édifiées en Brionnais au XIe et XIIe sous l'influence de Cluny. Au XIXe un certain nombre furent détruites (trop petites) mais on peut en retrouver une quinzaine qui constituent encore un patrimoine exceptionnel.

Après Roanne le paysage se transforme très vite, nous traverserons Charlieu, Pouilly/Charlieu (que nous avons visité précédemment), au sommet de la colline nous apercevrons celle d'Iguérande (XIe) et nous serons bientôt à Marcigny, notre arrêt. Petite ville qui s'est développée au bord de la Loire depuis 1054 lorsque Hugues abbé de Cluny et son frère y fondent un monastère de dames. De l'enceinte édifiée en 1410 pour défendre le prieuré ne subsiste aujourd'hui que la Tour du Moulin, devenue un très beau musée, qui sera notre première visite. Important monument de 25 m. de haut, avec une épaisseur de mur de 2,80 m. la façade comporte des saillies en forme de boules dont on ne connaît pas la signification ni l'utilisation éventuelle. Nous sommes attendus par les Amis des Arts du Moulin qui feront remarquablement vivre pour nous leur musée. Plusieurs étages, beaucoup de salles, des vestiges de sculptures, la collection Charles Damiron : rares majoliques XIVe, des plats de l'école de Bernard Palissy, des faïences de Delft - la vie et l'histoire locale sont évoquées - un papier peint du XIXe, des instruments d'alchimie de Cagliostro… Chacun pourra trouver un intérêt dans chaque salle. Les courageux monteront jusqu'à la charpente en châtaignier, rare par sa forme conique et sa hauteur impressionnante. Mais d'autres lieux nous attendent et nous prendrons congé de nos guides. En reprenant la route nous admirons quelques belles demeures, restes de l'opulence de la ville : la maison Drouin datée de 1551 (actuellement Office de Tourisme), la maison de Bois XVe, la maison de Chailloux de 1771 (actuel Hôtel de Ville), l'hôtel de Montcolon (1735) et l'église dédiée à Saint Nicolas. dont seule la façade est intéressante (XIIe)

Après quelques kilomètres seulement nous arrivons à Anzy le Duc, merveilleuse église XIe d'une rare harmonie. Son clocher (le plus beau du Brionnais), octogonal, comporte trois étages de baies, séparés par des corniches à arcatures, sur chaque pan, une arcade avec baies géminées. Il est bâti dans un calcaire qui, au soleil, prend une extraordinaire teinte dorée. L'intérieur est tout aussi intéressant, son décor sculpté comporte plus de 40 chapiteaux : des oiseaux et des animaux qui s'affrontent, des vieillards luttant symbolisant la colère, Daniel dans la fosse aux lions et un re marquable (et très moderne, presque design) acrobate aux prises avec des monstres. Dans le croisillon nord un escalier descend dans la crypte carolingienne qui a servi de sépulture à Hugues de Poitiers prieur du monastère vers 930. Dans le tympan du portail, un Christ en gloire dans une mandorle soutenue par deux anges.

Cette église est certainement une des plus belles, sinon la plus belle du Brionnais.. Nous nous attarderions volontiers mais il est déjà midi et les nourritures terrestres nous attendent à Semur dont nous commencerons la visite tout simplement par le restaurant, situé dans une ancienne maison de village à la façade ornée d'une pompe à balancier. Déjeûner agréable, certainement, car il avait tendance à se prolonger un peu trop, heureusement au dessert, le président de l'association " les vieilles pierres " nous présenta l'historique de Semur avant la visite à pied.

Jusqu'au XII° pas de ville à Semur mais un château-fort, résidence des seigneurs. Ce château est entouré d'une épaisse forêt en 1049 au moment de l'assassinat de Dolmance de Semur par son beau-frère Robert, duc de Bourgogne. C'est vers 1102 que l'on parle d'une ville près du château de Semur. Les Semur sont une des plus grandes familles de Bourgogne : Hugues de Semur, abbé de Cluny étendra l'ordre de Cluny dans toute l'Europe.

Le château saint Hugues -où est né le saint- du XI°, présente un beau donjon de 22m de haut, aux murs très épais et à 4 niveaux. Devant, deux tours demi-rondes, protégeaient la porte, défendue aussi par une herse. Nous monterons, descendrons, remonterons beaucoup d'escaliers mais la visite est fort intéressante et nous verrons même les oubliettes.

Puis nous nous dirigerons vers l'église. La collégiale saint Hilaire aurait été bâtie au XII° par Geoffroy, petit-neveu de Hugues. C'est un type parfait de monument roman : clocher octogonal à deux étages, trois nefs à l'intérieur, une travée de chœur terminé en hémicycle, des travées terminées en absidioles. Une ancienne tribune paraît suspendue au mur ouest sans accès visible. Le portail est remarquablement orné de sculptures. Au tympan : le Christ en majesté entouré des symboles des quatre évangélistes et au-dessous le linteau présente la légende de saint Hilaire.

Nous ferons ensuite le tour des remparts d'où nous apercevrons dans la verdure la chapelle saint Martin de la Vallée (XI°) et nous terminerons notre périple par le Grenier à sel (XII°) et la maison du Chapitre avec son plafond peint et sa remarquable cheminée du XVII°.

Notre journée s'achève, bien remplie, mais ce fut une découverte pour beaucoup de nos participants.

Francine Chanut
(extrait du numéro 219 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

 

Samedi 12 mars 2005 - Histoires de soie… Panissières - Salt-en-Donzy

Petite ville autrefois ceinturée de murs avec trois portes pour y pénétrer, le nom de la commune viendrait de Panis = pain, justifié par la production en ce lieu de grains de grande qualité, surtout du froment.

Il paraîtrait qu'au XVe on écrivait Pannetière : en 1450, le bailli Humbert de Grolee envoi de Pannetière des missives aux conseillers de la ville de Lyon, mais ce n'est pas pour le grain que Panissières est connue depuis le début du XVIIIe : les fabriques de toiles étaient réputées, remplacées peu à peu par le travail de la soie et notre visite sera orientée vers le monde des tisseurs et nous découvrirons une histoire extraordinaire de l'évolution d'une usine, de son époque, de son personnel et évidemment de sa production.

Le Musée est installé dans l'usine Piquet, qui fut opérationnelle de 1856 à 1980. Sur trois niveaux nous ferons un véritable retour en arrière pour vivre dans cette ambiance sociale et technique d'une époque révolue : le hangar des charrettes, le vieux bureau avec ses registres, la chaufferie avec la vapeur (ensuite l'électricité), les étages où étaient installées les machines, l'étroit monte-charge, et même des toilettes qui nous paraissent revenir au Moyen Age.

Au rez de chaussée, des bénévoles nous ferons fonctionner de vieux métiers (gaze à bluter) et un échantillonnage de la production depuis le damassé de lin jusqu'à la soierie et les cravates nous sera présentée. Nous resterons rêveurs devant cette histoire des temps révolus et pourtant pas si lointains (1980 il n'y a que 25 ans).

Nous ne quitterons pas Panissières sans évoquer l'histoire du monorail, premier créé à la fin du XIXe entre cette ville et Feurs (rail unique). La ligne faisait 17 km de long avec 5 gares ; mais la voie trop légère provoquait une instabilité notoire et lors de l'ouverture, si l'aller se passa bien, au retour au cours d'un freinage, la voie fut arrachée sur 25 m. et la déchéance de la ligne fut votée en 1899. Panissières et Feurs ne furent jamais reliées par fer.

En redescendant vers notre deuxième visite, nous verrons une partie de cette ligne du monorail transformée en circuit pédestre. A Salt-en-Donzy, nous allons totalement changer d'époque. Le nom de Salt (eau qui saute) indique qu'une source d'eau chaude fut connue et exploitée à l'époque gallo-romaine : le Gour chaud à 32° (actuellement dans une propriété privée).

Un prieuré fut fondé en 1018, il en subsiste une tour octogonale avec une porte ogivale avec les armes des Lavieu (XVe), un sarcophage gallo-romain sur la place de l'église - celle-ci romane fut l'église du prieuré reconstruite sur des fondations gallo-romaines. Le clocher repose sur 4 piliers de granit et forme une voûte sur trompe. A l'intérieur dans un martyrium des ossements : reliques peut-être de saint Julien patron du prieuré, le bénitier est un reste de chapiteau de l'église de 1018, une statue de saint Alban en bois peint et doré du XVIIe, à l'entrée de l'abside deux colonnes dont l'une porte un chapiteau avec feuillage et l'autre figure un âne. Dans le sol qui a été fouillé, des fragments de briques et de poteries gallo-romaines ont été retrouvés.

La visite de cette église récemment restaurée est un moment rare de paix et de bonheur.

Samedi 23 avril 2005 - Exceptionnel... Vienne

Nous avions retrouvé un beau soleil ce samedi et il nous promettait une sortie agréable. Une petite inquiétude au départ : notre bus, retardé par les grands travaux en ville, arrivait avec quelques dizaines de minutes de retard, mais la route étant peu encombrée, nous arriverons bien à l'heure à notre rendez-vous en l'église Saint Martin de Vienne. Cette église relativement peu connue a effectivement été décorée par le peintre Maurice Denis. Maurice Denis est connu à Saint-Etienne pour ses peintures des murs et du plafond de la salle des Commissions des Hospices Civils de Saint-Etienne (39 rue Michelet). Né à Grandville le 25 octobre 1870, Maurice Denis participe à la fondation du mouvement artistique " les nabis", il meurt le 13 novembre 1943 à Paris. Un très beau musée à Saint Germain en Laye, dans sa propriété, lui est consacré.

Située le long de la rivière la Gère, dans un quartier autrefois très industriel, moulins, soieries, tissus, la rue est en effet bordée d'usines désaffectées. Nous arrivons rapidement à l'église Saint Martin. Les portes de l'église nous sont ouvertes et notre guide nous attend. Sa gentillesse, sa disponibilité, son amour et sa parfaite connaissance du peintre vont enchanter notre visite. Merci infiniment Monsieur Baury.

Les origines : au Ve siècle, Nizier, évêque de Vienne, fait bâtir sur ce lieu un monastère important - on parle de 150 moines - puis destruction et évidemment abandon et ce jusqu'au XIIe où l'église est donnée à l'ordre de Saint Ruf, puis saccagée ensuite reconstruite plusieurs fois.

En 1850, l'église est devenue trop petite, J.-B. Rigat, son curé, décide de l'agrandir en rajoutant le déambulatoire, les voûtes et déplacement du clocher. Les fidèles menacent de faire la grève des impôts si l'on n'obtient pas des subventions pour embellir leur église et en 1933, un industriel et un peintre de Vienne connaissant Maurice Denis lui demande d'orner le chœur de l'église d'une fresque "à la gloire de l'Eucharistie 1933. Côte gauche : les figures : Ancien Testament, sacrifice d'Abel, Isaac, Melchisedech, Elie réconforté par un ange, les noces de Cana, au milieu la Cène "Ceci est mon Corps" et côté droit : les bénéficiaires : le Pape Pie X, des enfants, le curé d'Ars et Saint Martin, au fond on devine la colline de Pipet, les habitants et des cheminées d'usines. Maurice Denis complètera le décor en 1939 par d'autres œuvres : la Nativité, la Multiplication des pains et de part et d'autre : Saint Thomas d'Aquin, et le Bienheureux Pierre Julien Eymard (a fondé les Pères du Saint Sacrement). Nous découvrons avec ravissement ces magnifiques peintures. Dans l'église également un chandelier pascal en fer forgé de Desvallières, un Christ en bois et quelques tableaux du XVIIe. En quittant l'église et juste en face sur la rivière la Gère nous verrons un remarquable pont médiéval, et à pied le long du quai nous nous dirigerons vers l'abbaye de Saint André le Bas.

D'abord visite extérieure pour situer l'abbaye dont les origines remontent au VIe (date 542). Délaissée, abandonnée, elle reprend vie au IXe sous le règne de Bozon ; au cours des XIe et XIIe reprise de la prospérité et l'église est transformée (une inscription nous révèle le nom de l'architecte Guillaume Martin). L'intérieur se compose d'une nef unique dont les travées sont soulignées par des pilastres cannelés (plusieurs chapiteaux intéressants). Une frise horizontale très ornée court dans la partie haute. Nous nous dirigerons ensuite vers le cloître, de petite dimension mais tout à fait remarquable. Il communiquait avec la salle capitulaire. Des colonnes géminées et des piliers délimitent les travées, de nombreux chapiteaux renvoient à des sources bibliques. Le plafond est couvert de bois peint à caissons.

Malheureusement il est tard et nous n'aurons pas le temps de lire toutes les épitaphes qui sont scellés sur les murs de ce cloître.

Francine Chanut
(extrait du numéro 218 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

Samedi 23 octobre 2004 - Laissez-vous conter ... le Forez

Le Forez : quelle idée, bien sûr, nous le connaissons, notre Forez. D'ailleurs, une AMD nous avait déjà emmenés sur les traces de l'Astrée, au bord du Lignon. Mais de ce côté- là, sur les rives de l'Anzon, vers l'ancienne route Lyon-Clermont, la connaissance est moins évidente.

Mais déjà nous traversons Boen/Lignon. Autrefois petit bourg implanté le long de la voie romaine, affranchi vers 1250 par Guy de Damas. En 1320, il est entouré d'une enceinte et sa situation sur une importante voie de communication lui vaut un grand essor. Sa première église fut construite vers le XIe siècle par les Seigneurs de Couzan. La route actuelle qui traverse la ville obligera à la démolition de l'enceinte et de la halle. A notre droite nous admirerons le château : possession des Damas, Seigneurs de Couzan, connu depuis 1247. Le nouveau château conçu en hôtel particulier est construit au XVIIIe sur l'ancien emplacement. De 1800 à 1934, les propriétaires en sont les Chabert qui le vendent finalement à la commune. Le portail en fer forgé que nous apercevons est classé monument historique. Le château abrite actuellement le Musée de la Vigne et du Vin.

Perché sur son massif rocheux apparaît le village de L'Hôpital/Rochefort, dominant les rives de l'Anzon. Son nom viendrait d'un hôpital de pauvres voyageurs établi sur la voie antique de Feurs à l'Auvergne. Cet hôpital était probablement situé hors des murailles vers le chemin de Saint Laurent. Le nom s'étendra au village et deviendra le siège d'un prieuré relevant de La Chaise-Dieu. En 1439 des bandes anglaises rôdent dans le Forez et Charles Ier de Bourbon autorise la construction d'une enceinte ovale à neuf tours, complétée par les fortifications du clocher. Deux portes contrôlaient l'accès au bourg. Nous allons donc faire le tour du village, pratiquement sur les anciennes fortifications. A notre droite les bâtiments du prieuré construits autour d'une cour rectangulaire seront profondément modifiés vers le XVIe, et ne sont que très peu restaurés. A notre gauche, donc hors les murs, une grosse maison se distingue du village : la maison Coupat, famille de bourgeois, magistrats, notaires, connue dès le XVIIe. Une haute façade, un balcon en fonte et fer forgé devant une porte-fenêtre en plein cintre, un toit en ardoises et tuiles plates et lucarnes sur les combles attirent l'attention, malheureusement elle ne se visite pas. Nous continuons vers la porte de Boën qui a conservé ses mâchicoulis et arriverons par une petite rue bordée de vieilles maisons jusqu'à l'église romane dédiée à Notre-Dame.

Au XVe l'église fut mise en état de défense et les murs exhaussés. Une tour carrée renferma un poste de guet. Le portail en arc brisé est abrité sous trois arceaux concentriques dont un est soutenu par deux colonnes. On remarque à droite du portail, assez haut, un trou de "quatre doigts de profondeur et d'un demi pied de largeur, en carré" c'était, paraît-il, l'étalon d'un morceau de pain que le prieur donnait à chaque pauvre deux fois par semaine. L'intérieur de base romane a été transformé à plusieurs reprises : voûtes sur croisée d'ogives dans la nef, abside en cul de four, des pierres tombales sont encore visibles.

Une magnifique statue de la Vierge serait attribuée à Jean de Chartres (on nous dit que le modèle pourrait être une des filles d'Urfé ?...). Une récente restauration fait apparaître des peintures commandées en 1485 par le prieur Guillaume de la Merlée : les évangélistes et le jugement dernier. Au XVIIIe des décors en camaïeu bleu racontant la vie de la Vierge vont recouvrir le Jugement dernier. Un dernier coup d'œil dans la cour du prieuré nous fera découvrir une très ancienne cheminée en très mauvais état portant les armes de Guillaume de la Merlée.

Et enfin nous nous dirigerons sur Rochefort. Nous sommes bientôt sur la place du village (18 habitants), vaillamment tout le groupe va prendre le petit sentier pour monter au sommet du site escarpé où se trouve la chapelle autrefois comprise dans l'enceinte du château, de 1173 et détruit en 1596. Voûte en berceau, mobilier en bois, une poutre de gloire en volutes et fer forgé marque l'entrée du chœur dont le sol compartimenté en bois et briques date du XVIIe. L'autel est revêtu de cuir de Cordoue et le tabernacle porte le Christ rédempteur.

Nous traverserons le petit cimetière qui entoure la chapelle et par une petite route nous regagnerons le bus, ravis des découvertes faites au cours de cette promenade.

Francine Chanut
(extrait du numéro 217 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

Samedi 25 septembre 2004 - Serrières - Champagne

Nous commencerons notre saison d'automne par une visite à Serrières, du musée des mariniers (entièrement restauré, pendant plusieurs années de travaux). Ce musée est consacré à l'histoire de la navigation sur le Rhône.

Nous évoquerons quelques souvenirs de ce fleuve mythique et sauvage, qui baigne des vignobles aux crus fameux et sur lequel naviguaient des hommes intrépides sous la seule protection de leur saint patron : Nicolas.

Nous rappellerons le début de la navigation, du halage des embarcations et plus tard des bateaux déjà importants : les coches d'eau et les grands équipages du Rhône : le "Gladiateur" en 1898, les services des bateaux à vapeur entre LYON et VALENCE à partir du 1er novembre 1860. D'autres bateaux nous sont connus : le "Missouri", appareil à roue de 800 chevaux construit au Creusot en 1844 (en service jusqu'en 1890. Le "Ville d'Avignon", le "Méditerranée" remorquent de longues barques chargées de tonneaux, charbon, barres de fer, etc...

Mais depuis ces époques, des modifications importantes du tracé, des aménagements du débit, des constructions de barrage ont profondément modifié l'aspect de la navigation sur le Rhône.

Le musée des mariniers du Rhône est installé dans le cadre exceptionnel de l'ancienne église Saint-Sornin. Un premier édifice aurait été connu vers 1168. Puis, sur sa base, au XIVe siècle (1399 ?) a été construite la chapelle actuelle qui est toujours sous le vocable de Saint-Sornin (contraction de Saint-Saturnin).

La position de cet édifice au bord du Rhône a conduit les responsables à y établir tout naturellement ce musée. Classée aux Monuments Historiques, cette chapelle est déjà remarquable par sa charpente en bois de châtaignier, voûtée en forme de carène de bateau.

Un trésor oublié pendant des siècles a été retrouvé au moment de la restauration du bâtiment ; des fresques et des peintures murales ont été redécouvertes, souvent très anciennes et quelques unes cachées par d'autres au cours des siècles suivants.

Notre guide nous fera un historique de la navigation et de la batellerie sur le Rhône au cours des âges. Des croix dites des Mariniers ornent la chapelle. Elles sont en bois peint et portent les instruments de la passion du Christ. Elles seront personnalisées par les différentes corporations. La plus grande et monumentale pourrait être une croix de procession. Une pierre tombale avec inscription se trouve à droite dans la nef et une reproduction remarquable éclaire le chœur.

Il y avait un mystère derrière l'escalier muré qui mène aux combles de l'église. Un étrange ossuaire a été découvert : des crânes, des squelettes et même quelques momies y ont été trouvées : Les Mandulons. Pourquoi ? Comment sont-il là ? Nous laisserons ces questions sans réponses.

Gentiment, les Amis du Musée nous convient à un petit entracte fort sympathique avec gâteaux, jus de fruits et vin blanc du pays, fort appréciés. Nous les remercions très vivement de ce charmant accueil qui nous a beaucoup touchés.

Mais notre programme comporte une autre visite à quelques kilomètres, celle de l'église de Champagne-sur-Rhône, remarquable monument roman (à son apogée), première église classée par Prosper Mérimée. Elle avait deux fonctions, l'une, militaire, avec tours pour poste d'observation et de défense, et bien sûr religieuse pour des moines bénédictins. L'acoustique y est excellente à condition que la nef soit pleine, nous précisera notre guide. L'église est recouverte d'une série de coupoles sur trompes (très rares) et une seule coupole recouvre deux travées de nef. Le clocher sur façade a été détruit pour l'élargissement de la route.

Les courageux monteront par un escalier à vis pris dans l'épaisseur du mur jusqu'aux tribunes ou par une étroite galerie ils pourront faire le tour du bâtiment où la vue côté intérieur est extraordinaire. A remarquer deux beaux chapiteaux. Le mobilier de l'église est somptueux mais peut-être trop riche pour ce décor roman : une table de la parole en argent massif incrusté de pierres, une croix orthodoxe (l'artiste vient d'Union Soviétique), un baptistère en argent, l'autel avec douze colonnes d'argent et aux pierres précieuses, une cathèdre dont les marches sont soutenues par des lions.

Mais il est très tard et le temps nous manque pour faire un commentaire de l'extérieur. Tant pis, nous reviendrons, il y a tant de choses à voir … ·

Samedi 9 octobre 2004 - Vitraux et briques

Notre promenade de ce jour peut-elle être qualifiée de tourisme industriel ? En effet, le verre et la brique ont constitué une industrie florissante de notre région.

Vitraux d'abord, dans la chapelle de la Maison de Retraite de la Loire, qui a fêté son centenaire en 2002. Ce bâtiment surprend par son importance mais il faut se souvenir qu'il avait été conçu pour servir d'église à un noviciat religieux des frères des écoles chrétiennes, une fondation née en 1684 sous l'impulsion de Jean Baptiste de la Salle, un jeune chanoine de Reims venu instruire le peuple des villes, dans les écoles gratuites. Il a été contemporain de Louis XIV : 1651-1719. La canonisation de ce dernier en 1900 donne l'idée de ce noviciat qui s'implantera à Saint-Rambert sur un terrain de huit hectares. En 1902, la chapelle est brillamment inaugurée, mais en 1904 , la loi interdit l'enseignement par les religieux, le domaine est plus ou moins abandonné. En 1929, le Conseil Général de la Loire en vote l'acquisition pour le transformer en asile de vieillards. En 1934, se terminera l'installation de la Maison Départementale de Retraite de la Loire. L'église sera réduite, la nef deviendra une salle des fêtes, l'autel de Decarli sera cédé à un pensionnat de Thonon. Seuls les vitraux demeureront témoin du passé. Sept grandes verrières retracent la vie du fondateur. Elles ont été créées par un maître verrier clermontois, Chatain et constituent - comme nous le dira Geneviève Liogier, notre présidente qui nous en assurera le commentaire - une bande dessinée pieuse.

La première retrace l'enfance de Jean Baptiste de la Salle. La deuxième, en face, sa première messe. Il fut ordonné prêtre en 1678. La troisième, distribution de ses biens aux pauvres de Reims. Dans la quatrième, Jean Baptiste de la Salle prononce ses vœux en compagnie de douze disciples. Dans la cinquième, ce dernier fait la classe. Il est assis dans une cathèdre surélevée par une estrade, et sans table ou pupitre. Dans la sixième, il reçoit le roi d'Angleterre Jacques II, chassé par ses sujets à cause de ses partis pris catholiques face à des sujets en général protestants, Jean Baptiste de la Salle ayant bien voulu prendre gratuitement en pension cinquante jeunes irlandais fils de réfugiés. Le septième vitrail présente sa canonisation. Le saint s'élève au ciel sur un nuage.

Ces vitraux sont vraiment superbes et les couleurs remarquables.

Les autels latéraux sont aussi intéressants. A gauche : Jean-Baptiste de la Salle avec trois enfants, à droite : la dormition de la Vierge. Geneviève Liogier nous commentera avec beaucoup de passion l'ensemble de cette chapelle et nous l'en remercions très vivement. Puis elle nous invitera à une séance de projection de diapositives pour passer au second sujet de notre Après-Midi Découverte : la brique.

Ce fut une industrie saisonnière au départ, pour devenir importante ensuite. Au XIXème siècle, il paraît que chevaux ou vaches piétinaient l'argile pour l'homogénéiser. Le séchage ne devait pas être trop rapide pour que la brique n'éclate pas et cuisson ensuite. Nous verrons quelques photos de belles maisons, soit toutes en briques, soit avec compromis de briques, ardoise et pierre, ainsi qu'un très beau portail avec arc surbaissé.

Puis nous regagnerons notre bus pour notre dernière visite : l'église Saint-Laurent de Veauche. Construite de 1885 à 1887 en face de la Verrerie, deux beaux clochers élancés en briques rouges encadrent l'archange Saint Michel. Les chartreux ont beaucoup aidé pour financer cette construction, aussi une statue de Saint Bruno (leur patron) se trouve au fond de l'église.

Saint Laurent, patron des verriers a donné son nom à la paroisse. Sa statue se trouve dans le chœur derrière l'autel. L'église a conservé sa belle chaire en bois sculpté. L'orgue Merklin date de 1902, son buffet en style néo-gothique est en sapin peint faux bois. Le carillon de l'église compte neuf cloches fondues par la maison Aragon à Annecy. La première fut baptisée le 30 décembre 1889.

Notre sortie sera très gentiment accompagnée par un concert de carillon donné en notre honneur.

Tous nos remerciements à Geneviève Liogier pour ses commentaires et aux bénévoles de la paroisse Saint-Laurent qui nous ont ouvert leur église.

Francine Chanut
(extrait du numéro 216 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

samedi 24 avril 2004 - Au pied du Meygal

La Haute-Loire est vraiment tout près de Saint-Etienne et une petite heure nous suffira pour arriver à Saint-Julien Chapteuil.

Pendant le trajet nous évoquerons la mémoire et l'œuvre de Jules Romains (= Louis Farigoule) né le 26 août 1885 à la Chapuize près de Saint-Julien Chapteuil où il n'a pas vécu toute son enfance, car son père était instituteur à Paris et il venait en vacances habiter la maison de ses grands parents. Il fut élève à l'école communale de Montmartre puis au lycée Condorcet et Jules Romains, normalien, professeur de philosophie est devenu écrivain, poète, romancier, dramaturge, conférencier et même biologue. Mais nous sommes à Saint-Julien et notre guide nous attend sur la place devant justement le musée Jules Romains.

Par une petite ruelle en escalier nous monterons vers l'église d'où, avant d'entrer, nous admirerons le panorama. A droite sur une butte, les ruines du château de Chapteuil, celui-ci remonterait au XIe siècle, les Chapteuil seraient la branche cadette des de Faÿ, seigneurs du Mezenc. En 1030 Silvuis de Chapteuil est qualifié de seigneur de Borneville. En 1574, le baron de St Vidal ordonnera la destruction de la place - il n'en reste que la base du donjon et des vestiges de la porte principale et une partie de la tour carrée du seigneur - il y avait au XIIIe siècle une vaste enceinte qui occupait la base du piton, également en vue des orgues basaltiques. Nous passerons devant l'ancien mur qui soutenait un clocher à peigne et nous pénétrerons dans l'église dont la façade a été reconstruite au XIXe, en pierres dorées et bleuâtres (arkose). Le chœur est pur roman début XIIe. Aux XVIe et XVIIe on reconstruit trois travées de la nef et de la voûte en croisée d'ogives. Notre guide " spécialiste " nous parlera longuement de la construction primitive des églises : matérialisation de l'univers - le maître d'œuvre connaît le symbolisme, il sait choisir le terrain - trace le plan sur le sol : le carré = la terre, le triangle, pointe au sommet = Dieu, le cercle = l'univers. Les ouvriers utilisent la corde à nœuds, le fil à plomb et les mesures sont : la paume, l'empan, le pied, la coudée royale et on connaît le nombre d'or : 1.618.

Nous admirerons le baptistère, ancien bénitier en pierre, un très bel autel en bois doré, un tableau du XVIIIe, une Assomption de F. Lemoigne peintre de Louis XV et un grand lutrin (2 m.) en noyer surmonté d'un pélican. Sur la colonne les 4 évangélistes et sur le trépied triangulaire des sculptures représentant trois vices : l'avarice, l'orgueil et la gourmandise.

Et nous quitterons Saint-Julien pour nous rendre à Saint-Pierre Eynac, prieuré qui aurait été fondé en 1070. L'église que nous visiterons est du XIIe, elle est en contrebas, il faut descendre 5 marches pour y entrer et le portail s'ouvre au nord, disposition assez rare. La nef est voûtée en berceau, des chapiteaux sont décorés de têtes. Nous verrons le tombeau de l'abbé Perbet martyr de la Révolution, mort le 28 avril 1794 à 62 ans, on nous précise que des miracles auraient été accomplis après quelques prières auprès de la tombe de ce saint homme. Et avec cet espoir nous regagnons notre bus, qui nous ramènera à Saint-Etienne, après cette intéressante journée

samedi 15 mai 2004 - Le Crozet

Notre promenade de ce jour nous emmènera au nord du département, mal connu des Stéphanois. Il fait très beau et les kilomètres défileront rapidement par l'autoroute jusqu'à Balbigny, puis la déviation de Neulise. Nous apercevrons les travaux gigantesques en cours pour aménager la descente et le carrefour avec la route vers Lyon, puis le contournement de Roanne et nous serons en direction de La Pacaudière située sur le grand chemin royal du Bourbonnais. Au passage nous admirerons Le Petit Louvre, XVIe siècle, ancien gîte d'étape et relais de poste (nous l'avions visité il y a quelques années) qui recèle une magnifique charpente d'un poids de 140 tonnes, mais déjà au sommet de la petite route que nous empruntons maintenant apparaît le village du Crozet, connu depuis le Xe siècle.

Le château appartenait en 1180 à Arnaud le Blanc, en 1220 ses deux fils, Reynaud et Ulrich le vendent à Guy IV, comte de Forez. En 1224 celui-ci complète ses possessions en se faisant céder par Marie de Bourgogne, baronne de Semur, tous ses droits sur les territoires de Roanne et de Saint Haon le Chatel. En 1236 pour s'attacher la fidélité de ses sujets Guy IV leur accorde une charte commune supprimant certaines corvées. En 1531 le Forez entre dans le domaine royal ainsi que Le Crozet. Le Crozet perdra peu à peu son importance et c'est La Pacaudière qui fut érigée en chef lieu de canton et de commune.

Nous pénétrerons dans le village par la grande porte, reste de l'importante enceinte fortifiée au XIIe, à notre droite la maison du Connétable (actuelle mairie) ; par la cour nous accéderons à la tour à Bec édifice rare aux murs épais de 2 m. Nous nous dirigerons ensuite vers la vieille église, emplacement de l'ancienne chapelle des vicomtes de Macon, détruite, et qui sert actuellement pour des concerts. Quelques remarquables sculptures modernes de Th. Thevenet sont parfaitement intégrées dans le décor. Nous continuerons notre périple et notre guide attirera notre attention sur de remarquables maisons : la maison Dauphin, maison natale de Monseigneur Dauphin, la maison du Cadran et nous arriverons jusqu'au musée installé dans une maison du XVe, qui, au rez-de-chaussée présente les métiers d'autrefois et deux étages de collections (notamment des pistolets fabriqués à la Manufacture impériale d'armes de Saint-Etienne) ; presque en face la maison Papon (M. H.), maison natale de Jean Papon, célèbre jurisconsulte forézien, maître des requêtes de Catherine de Médicis, édifice Renaissance construit par son père Pierre Papon, notaire : façade en briques vernissées ornée de médaillons et de différentes inscriptions assez abîmées, notre guide nous citera : traduit : l'homme est un loup pour l'homme, sous une fenêtre la loi de Dieu est pure et sur une petite porte SILETO et SPERA 1535 (Tais-toi et espère). Nous irons enfin jusqu'au donjon, restes d'une tour du XIIe dont les murs ont 2,60 m. d'épaisseur. Un escalier intérieur permet aux plus courageux de grimper au sommet et d'admirer un panorama superbe sur la plaine roannaise.

Nous nous dirigerons ensuite sur Saint-Martin d'Estreaux dont l'origine serait très ancienne. Sur la place un monument aux morts, un des très rares classé M. H., il fut construit en 1922 par le sculpteur Picaud, les côtés et la face présentent des épitaphes dont les textes stigmatisent la stupidité et les horreurs de la guerre, et l'église en partie du XVe avec une très belle chapelle des Chateaumorand avec un vitrail (classé) extraordinaire de couleur, également du XVe.

Cette dernière visite clôturera notre journée mais aussi la saison de printemps de nos AMD.

Voyage annuel 6 juin 2004 - Valence, Ville d'Art et d'histoire.

Avancé au premier dimanche de juin en raison des élections, ce voyage s'est trouvé en concurrence avec la fête des Mères. Malgré tout, nos sociétaires sont venus nombreux et nous les remercions de leur participation.

Destination Valence ! Un petit étonnement, car on y passe souvent mais sans s'y arrêter et pourtant, à la fin de la promenade, les participants étaient ravis des découvertes faites en compagnie de guides-conférencières très documentées.

Ville de passage, Valentia en latin, Valence a une histoire intéressante et un centre ancien remarquable, elle occupe un site sur les terrasses alluviales du Rhône et conserve des traces de l'ancienne colonie romaine du I° siècle. La religion chrétienne y fut prêchée très tôt et au IV° siècle la ville est déjà un archevêché. Grâce à l'action de Louis XI, au XV° siècle, la ville et le comté sont rattachés à la France. La création d'une université, en 1452, où enseignent des juristes célèbres et qui accueille des étudiants comme de Thou ou Rabelais, ouvre une ère brillante pour la ville. En 1785, elle reçoit le lieutenant en second, Bonaparte et voit mourir un pape, Pie VI, prisonnier du Directoire.

Notre bus nous déposera au Champ de mars où nous apercevrons le kiosque construit en 1880 et devenu célèbre grâce au dessinateur Peynet qui, en 1943, dessine un couple d'amoureux assis sous ce kiosque, justement. Par de petites rues nous parvenons au centre piéton, place des Clercs et, devant la maison des Têtes, nos guides nous attendent. Répartis en deux groupes pour plus de facilité, nous ferons une première visite de 2h et demi : la cathédrale, le Pendentif et la maison des Têtes.

La cathédrale saint Apollinaire (évêque), édifiée au XI° siècle, consacrée en 1095 par le pape Urbain II a subi au cours des siècles de nombreuses mutilations. Sa restauration aux XVII° et XVIII° siècles par Milon de Mesmes a embelli l'intérieur. Bien sûr, la Révolution ne l'a pas épargnée mais son clocher a été reconstruit en 1869 et elle est classée Monument Historique. Il faut y remarquer, à l'intérieur, le monument contenant le coeur du pape Pie VI mort et enterré civilement à Valence en 1799, le cartouche funéraire de M.J. Millon, un autel baroque du XVII° et un tableau représentant saint Sébastien. Nous aurons la chance de pénétrer dans la sacristie, ancienne chapelle habillée en 1735 de boiseries en noyer massif, ornée de très beaux tableaux, restes d'une importante collection dispersée à la Révolution. Tout à côté, nous nous dirigeons vers ce qui était le cloître et nous verrons le monument funéraire érigé en 1548 pour le chanoine Mistral : pour la perfection de sa voûte et de sa forme il est appelé le pendentif et fut un des premiers monuments classés en France.

Notre guide nous emmènera à l'Hôtel Dupré-Latour, hôtel particulier édifié en 1522 par la famille Genas, remarquable par sa somptueuse tourelle d'escalier Renaissance (dans la cour) et ses sculptures inspirées par la mythologie grecque.

Il est bientôt midi, après les nourritures spirituelles, les nourritures terrestres nous attendent ! Nous reprenons des forces au cours du repas servi à l'Hôtel Napoléon.

La visite reprend à 14h30 avec la maison des Têtes, construite en 1530 par le consul A. de Dorne, de style gothique flamboyant, dont les têtes sculptées de la façade représentent les Vents, la Fortune, le Temps, la Théologie, le Droit, la Médecine... Dans la cour, des médaillons représentent les Pères de l'Eglise tandis que des bustes d'empereurs romains ornent le corridor. Nous verrons au premier étage des salons en attente de restauration.

Par les rues anciennes nous allons au temple saint Ruf, chapelle restante d'un prieuré roman des chanoines de l'ordre de saint Ruf. Dans le choeur, un monument renferme le coeur du général valentinois Championnet.

Nous terminerons par le musée des Beaux-Arts, installé dans l'ancien archevêché (XVIII° s.). Le jardin nous sera ouvert, son charme et son calme nous raviront (un très bel arbre est classé) . Notre guide nous fera parcourir les différentes salles , aux collections d'archéologie et de peinture remarquables. Les exceptionnelles sanguines d'Hubert Robert méritent, à elles seules, une visite approfondie.

Mais il est temps de regagner le bus .Pendant le trajet de retour, notre président nous fera un large exposé sur la situation des A.V.S.E, les projets à court et à long terme, le plan de restauration des bâtiments du musée et sur le programme de rentrée.

Merci à tous pour cette intéressante journée qui clôturait la saison.

Francine Chanut
(extrait du numéro 215 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

Samedi 28 février 2004 - Lyon - Les chapelles ...

Belles découvertes que nous avons faites ce samedi de ces deux chapelles baroques relativement peu connues.

Celle du Lycée Ampère que nous visiterons en premier vient d'être récemment restaurée (11 ans de travaux). En 1565, au moment où Lyon est déjà ville européenne et grand centre financier, les foires importantes attirent les banquiers et il existe un échange intellectuel mais qui n'est pas encore universitaire - les Jésuites ouvrent un collège modeste et une petite chapelle mais seront chassés de France en 1594. Ils reviennent dix ans plus tard et un Lyonnais, le Prieur Martellange reconstruira le collège vers 1607. C'est en 1617-1622 que débuteront les travaux pour la chapelle. Englobée dans le lycée et de structure très simple, elle mesure 47,50 mètres sur 10 mètres, plus les chapelles latérales surmontées de tribunes. Consacrée en octobre 1622, saint François de Sales viendra y prêcher en décembre.

Des vastes peintures en trompe l'œil dans des camaïeux de gris et bleu seront effectuées par N. Labbe. Des oculi s'ouvrent sur un ciel tourmenté et des allégories représentant les 4 vertus cardinales se trouvent près de l'entrée et dans le chœur les vertus théologales. Au XVIIe, Thomas Blanchet apporte des enrichissements en peintures puis seront décorées en marbres de couleur les grandes colonnes ioniques. Quatre statues des Pères jésuites, Ignace de Loyola, saint François-Xavier, saint Louis de Gonzague et saint François-Régis, encadrent le chœur, l'autel en marbre de Carrare a sa porte dorée ornée du pélican. Puis en 1763 les Jésuites abandonnent, remplacés par les Oratoriens jusqu'en 1793, et une lente dégradation commence, la chapelle devient un entrepôt, l'autel est démonté. Oubliée elle deviendra salle de sport pour les lycéens. Enfin classée monument historique, en 1960 la Ville récupère la gestion du lieu. Puis une longue restauration sera entreprise qui redonnera à ce lieu toute sa noblesse… et notre guide nous en fera apprécier toute la beauté.

Nous la quitterons à regret mais une autre chapelle à quelques centaines de mètres nous attend, celle de l'Hôtel-Dieu, non restaurée. Construite à partir de 1537, travaux arrêtés en 1631 (manque d'argent, décès de l'architecte) terminée en janvier 1645 et dédiée à Notre-Dame. L'intérieur est une nef unique, et les chapelles latérales communiquent entre elles : les vitraux non peints laissent passer la lumière, le passage le long de la voûte communique avec l'hôpital. Pendant la Révolution les tableaux disparaissent, tous les biens religieux sont vendus et la chapelle est transformée en atelier de fabrication de poudre. En 1802 se créent les Hospices Civils de Lyon. En 1848 à la suite d'une crue du Rhône une odeur pestilentielle se répand et on découvre 53 m3 d'ossements dans le sol, et en 1860 on entreprend une restauration globale.

De grands tableaux seront replacés, d'autres plus anciens se trouvent dans les chapelles (saint Louis priant la Vierge XVIIe, une Annonciation, 1683, à remarquer derrière l'autel une Vierge à l'enfant, 1662 de J. Minerel, classée monument historique…). Nous ne pouvons pas citer tous les trésors de ces deux remarquables chapelles qu'on pourrait qualifier de baroque classique et qui nous laisseront une très grande impression de calme, de beauté et même de sérénité.

Francine Chanut
(extrait du numéro 214 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

Samedi 25 octobre 2003 - Château-Prieuré de Pommiers en Forez

L'emplacement du prieuré actuel fut occupé par une villa gallo-romaine -origine du nom latin = POMMARIA = verger-, puis un petit monastère, dépendant de l'abbaye de Nantua, s'y installa en 878. Il fut confisqué par l'archevêque de Lyon et rendu en 891 par le nouvel archevêque, ancien abbé de Nantua. Les archives disparaissent en 1789.

Le comte de Forez, Gérard II, donne la terre de Pommiers à sa fille qui demande à vivre seule avec les pauvres. C'est la légende de Sainte Prève qui dit aussi ceci : les amis du seigneur lui tranchent la tête, jettent son corps dans le puits du village parce qu'elle a refusé de se marier. Mais les habitants lui donnent une sépulture. Des miracles se produisirent sur son tombeau. Par testament elle donne son château aux moines de Cluny qui viennent construire l'église (en 1938 on découvrit dans l'église un sarcophage contenant un squelette de femme). En 960, Saint Mayeul, abbé de Cluny, admet Nantua et toute sa filiation dans l'ordre clunisien., Pommiers devient donc dépendance de l'abbaye et le restera jusqu'à la Révolution. Dans le monastère une douzaine de moines bénéficie des dons du comte de Forez. Au XIIe l'église est agrandie. Le prieur du monastère, seigneur du village avec droit de haute et basse justice, est le chef spirituel de la région et de la cure paroissiale placée sous le vocable de Saint Julien de Brioude. Puis tout se dégrade et en 1301 il n'y a plus que cinq moines. Au XVe Pommiers est saccagé en même temps que La Sauveté. En 1452, Charles VII vient à Pommiers le 29 octobre, il signe et date de Pommiers le 30 octobre l'édit royal qui confirme l'université de Caen dans ses privilèges. On aura comme prieur Méraud de Grolée-Viriville (1465) restaurateur de la chapelle de Baffie, son neveu Claude d'Hostun (1475) et Jean de Bourbon (1485). François 1er visite Pommiers au cours d'une chasse en 1531 au moment où il vient prendre possession du Forez après la défection du Connétable de Bourbon.

Puis surviennent les troubles des Guerres de Religion. En 1562 le capitaine de Changy occupe Saint-Germain et dégrade Pommiers et la décadence commence. De 1560 à 1703 le prieuré est tenu par la famille de Rostaing. Une restauration commencera au XVIIIe sur la partie est. En 1770, L'abbé Durand refait le logis du prieur qui devient sa maison des champs. Le dernier prieur fut Claude Fortunat Deloche, prieur de Tain, qui ne fait que de rares apparitions. En 1743 il y a encore six religieux, et à la Révolution plus que trois. Entre 1790 et 93, inventaire, mise sous séquestre, et vente comme bien national.

Sous la conduite et avec les commentaires de M. Delomier, nous ferons une visite exceptionnelle de cet ensemble remarquable, nous commencerons par la place du village, le puits et la croix et nous pourrons remarquer l'ancienne église Saint Julien, et par l'ancienne porte nous pénétrerons dans l'enceinte. Devant nous, l'église bénédictine avec sa façade dissymétrique et, à notre droite, le logis du prieur avec son élégante façade ornée de briques rouges et sa tour d'angle.

L'intérieur de l'église recèle de véritables trésors, notamment des fresques représentant le martyr de saint Sébastien, les blasons de la famille de Rostaing, des peintures retrouvées après la restauration (la Nativité), également des échéas (vases acoustiques), puis le tombeau de Prève (qui est un couvercle de sarcophage), la statue de saint Julien, la Vierge en bois doré (XVIIIe), un Christ mutilé qui pourrait provenir de l'ancienne église Saint Julien, un saint Joseph et l'enfant Jésus (Emma Thiollier), les lustres de Desvallière (1931) s'intègrent remarquablement dans l'ensemble. Impossible de tout décrire, il faut passer du temps, beaucoup de temps, et nous engageons vivement nos sociétaires à refaire cette visite.

Nous ferons le tour des bâtiments monastiques, le réfectoire, le superbe escalier du dortoir, le couloir des cellules et nous terminerons par la remarquable exposition du peintre Armand Charnay, originaire de Charlieu (1844-1915) dont les toiles, (petits formats) des paysages harmonieux autour de personnages artistiquement traités dans de douces teintes ocres et vertes, ne peuvent laisser indifférents.

Francine Chanut
(extrait du numéro 213 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

Lyon Insolite - La Colline aux corbeaux - samedi 6 septembre 2003

Très beau soleil pour ce samedi qui marquait la reprise de nos AMD. Nous occuperons le trajet sur autoroute jusqu'à Lyon par l'évocation de la vie de l'empereur Claude. Né à Lugdunum (Lyon) le 1er août de l'an 10 avant JC, dédaigné et rejeté par sa famille, il ne paraissait pas avoir l'envergure d'un empereur, mais à la suite de l'assassinat de son frère Germanius et de la mort de son fils Caligula véritable tyran sanguinaire, Claude, malgré plusieurs refus, finit par accepter. Il saura se faire admettre et sera considéré comme un très bon empereur de bon sens et un réformateur. II n'oubliera jamais sa ville natale et lui manifestera tout au long de son règne un très grand attachement. Il aura quatre épouses dont Messaline et Agrippine. Cette dernière le fera empoisonner, il mourra à 64 ans.

Nous arriverons quais de Saône où nous avons rendez-vous avec Jean-Luc Chavent, devant le Palais de Justice, et nous en profiterons pour en évoquer l'histoire, depuis une maison médiévale, propriété des comtes de Forez, ravagée par un incendie en 1622, rénovée, agrandie par l'achat d'un hôtel particulier voisin, puis en 1823 une reconstruction qui s'étalera sur 24 ans. En 1842 la 24ème colonne du péristyle est posée et la Cour s'y installera de juin 1847 à 1995, date à laquelle elle sera transférée à la Part-Dieu.

Puis nous nous dirigerons vers l'esplanade de Fourvière où notre guide nous fera découvrir l'extraordinaire panorama sur la ville, l'historique de la basilique, méchamment appelée par les Lyonnais "l'éléphant". Construite par l'architecte Pierre Bossan, les travaux commenceront en 1872 et sa consécration aura lieu en 1896. Nous descendrons devant la porte des lions (quatre masses ébauchées mais non terminées) qui aurait dû être la porte principale avec un grand escalier descendant vers la ville, à l'opposé de l'entrée réelle actuelle. Nous pénétrerons dans la crypte et enfin dans la basilique écrasante de beauté. Photo 90 - tirage papier couleur Dans la crypte de Fourvière (cliché Lyvia Dal Col, sept.2003) En sortant, un coup d'œil à la chapelle à l'origine de grandes dévotions mariales. L'installation de la Vierge monumentale sculptée par Fabisch était programmée pour le 8 septembre 1852 mais une crue de la Saône a perturbé la cérémonie qui n'aura lieu que le 8 décembre et les Lyonnais illumineront spontanément leurs fenêtres.

Nous continuerons notre promenade montée de Choulans, nous apercevrons trois tombeaux, seuls rescapés de dix mausolées qui ornaient cette entrée de Lyon. Le principal étant celui de Turpin, homme riche, sa fortune lui valut d'être membre de la "commission des six" sous l'empereur Auguste, et nous arriverons vers l'église Saint Irénée, reconstruite vers 1824. La porte monumentale a été dessinée par Soufflot. Des sarcophages gallo-romains sont déposés le long du mur, et la crypte d'époque carolingienne renferme le tombeau de Saint Irénée, le Puits des Martyrs, les autels de Saint Alexandre et Saint Epipode, et la châsse des martyrs lyonnais dessinée par Bossan.

Notre guide nous contera différentes anecdotes et nous terminerons par l'ossuaire qui renferme des ossements de tombeaux profanés en 1562. Nous irons vers le fort Saint Irénée à l'architecture caractéristique, devenu une institution franco-chinoise et dans le parc nous retrouverons les vestiges millénaires de notre grand aqueduc.

Puis une petite promenade nous conduira entre des jardins dans la rue Vide-Poche, incroyable ruelle pavée qui nous paraît être à des lieues de notre XXIe siècle.

Haute vallée de la Loire : Bessamorel et Glavenas - Samedi 4 octobre 2003

Pour nous rendre à Bessamorel, nous emprunterons la RN 88 qui serait approximativement un ancien itinéraire des voyageurs se rendant au Puy à partir du XIIIe siècle et suivrait l'implantation d'une série de monastères : les Templiers à Bessamorel, les Cisterciens à la Chomette, les Antonins au Pertuis, les Bénédictins à Saint-Hostien.

Le nom de Bessamorel indiquerait un lieu planté de bouleaux. C'est le seigneur de Saussac qui vers 1226 fit venir les Templiers à Bessamorel. Après la disparition de l'ordre du Temple en 1313, ce sont les Hospitaliers qui vont disposer de Bessamorel. En 1573 les réformés occupent le château et avant de partir détruisent la maison forte. Vers 1646 le commandeur essaie de relever les ruines mais il en est empêché et la commanderie disparaîtra à la Révolution et sera vendue en 1796. L'église des Templiers puis des Hospitaliers est devenue église paroissiale.

Malgré une pluie diluvienne qui nous empêchera d'admirer le village, notre guide nous attend. L'église a subi de nombreuses transformations mais gardé un beau style roman. Il faut descendre quelques marches pour atteindre le portail qui a été démonté et remonté côté sud. (le chœur correspond à peu près à la chapelle des Templiers). L'intérieur est simple et il faut remarquer les bénitiers de pierre portant la date de 1674, avec une croix maltée, des nervures décorées de têtes sur la vasque et un pied carré peut-être plus ancien avec de chaque côté une tête reposant sur un très long cou. A l'extérieur une stèle ornée de la croix de Malte ; il fut également trouvé un sarcophage du XIIIe. Un escalier périlleux monte au clocher, malheureusement la pluie qui redouble nous fait regagner le bus très vite.

Et nous nous dirigerons vers Glavenas, seigneurie importante au Moyen-Age, qui deviendra baronnie à la Révolution. C'est à pied par une charmante petite route que nous monterons vers la chapelle, seul vestige du château de 1208 qui comprenait une tour, une maison forte et une chapelle.

Au début du XIIIe les seigneurs de Glavenas firent venir les moines cisterciens de Mazan à la Chomette, mais ce secteur dépendait du seigneur qui s'était réservé le droit de haute justice. En 1553 le château est abandonné, au XVIIe il est en ruine, et on n'en retrouve plus trace, seule la chapelle subsiste. L'intérieur est très dépouillé, mais son calme vous incite au recueillement. De Glavenas la vue est extraordinaire et l'on découvre tous les sucs sur un horizon qui s'étend sur tout le pourtour du site, c'est absolument extraordinaire.

Mais la pluie nous oblige à redescendre et nous terminerons notre périple par un arrêt à Yssingeaux pour une visite rapide de la chapelle des Pénitents. Créée en 1629 ou 1631 la Confrérie des Pénitents Blancs connut un très grand essor. La chapelle formée d'un chœur datant de 1697, servit au culte jusqu'en 1828. Plusieurs réfections eurent lieu ainsi que des agrandissements au XVIIIe, la création de deux chapelles, l'une dédiée à la Nativité de la Vierge, l'autre sous le vocable de Saint Jean-Baptiste et Saint Amable. Cette chapelle est bien entendu inscrite aux Monuments Historiques.

Francine Chanut
(extrait du numéro 212 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

 

 

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Comptes-rendus de quelques rencontres-mémoire ...

 

Mercredi 2 novembre 2005 - Quelques collèges et lycées : Saint-Louis, Sainte-Barbe, Claude Fauriel…

Lors de cette rencontre-mémoire, nous avons évoqué et partagé des souvenirs sur quelques collèges (dont SAINTE-BARBE et SAINT-LOUIS) ainsi que sur le lycée de garçons CLAUDE FAURIEL. Il est dommage, peut-être à cause de cette date du 2 novembre, jour du souvenir des morts, que nous n'ayons pas eu une plus grande assistance.

Les Frères Maristes, ceux des Ecoles Chrétiennes (surnommés familièrement FRERES QUATRE-BRAS à cause du manteau qu'ils jetaient sur leurs épaules et dont les manches flottaient), les Jésuites, les Oratoriens et d'autres congrégations, ont été les grands fondateurs de l'enseignement libre pour les garçons. Les filles étaient confiées aux bons soins des religieuses dont les Soeurs Saint-Charles. Depuis les lois de Jules FERRY sur la laïcité et surtout celles de séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905, les congrégations religieuses n'ont plus le monopole de l'enseignement.

On a évoqué rapidement le Pensionnat pour Jeunes Filles du Rond-Point, tenu par des sœurs Maristes, en visionnant quelques diapositives anciennes. L'éducation était très sévère et on y était très strict sur la religion.

Je possède un bulletin sur lequel figure, entre autre, le SERMON de l'Aumônier (1934 ). C'est un terrible réquisitoire sur "les méfaits de la danse". Ce prêtre trouvait "criminels aussi les accommodements de la morale et de la conscience avec les mœurs dissolues du siècle". La danse était responsable de tous les maux physiques et moraux : tuberculose, risques certains de mort subite, le cœur étant trop surmené : "mourir en offensant le Bon Dieu dans les transports d'amusement qu'il réprouve, quoi de plus terrible".

Je reste sceptique sur le nombre d'élèves qui ont mis ces sages préceptes en pratique. Pourtant, lorsque l'on réfléchit bien, ce saint homme ne faisait que suivre les directives du Curé d'Ars mais c'était quand même en 1934 et non sous Napoléon III !

Plusieurs diapositives du Lycée Claude Fauriel nous ont permis de suivre toute une classe, de la sixième à la terminale, grâce à Messieurs Armand Reverchon et Eugène Chilaud, anciens élèves. On a vu aussi le Petit Lycée.

Nous nous sommes étendus plus longuement sur les collèges Sainte-Barbe et Saint-Louis. Il est dommage que Monsieur Claude Chaumier, sociétaire fidèle, qui nous avait donné beaucoup de documents, n'ait pas pu assister à cette rencontre-mémoire, il avait des problèmes de santé. C'est un ancien de Saint-Louis.

On verra des diapositives de Saint-Louis d'avant guerre : beaucoup de bâtiments n'existent plus, vendus les uns après les autres pour renflouer la trésorerie. Ce collège ouvre, au 22 rue Désiré (actuellement Désiré Claude) en 1864.

Nous nous penchons sur une "publicité" de cette école, non datée hélas, probablement des années trente, qui insiste sur la "solide formation religieuse et morale et sur une discipline exacte". Les études secondaires allaient de la 6ème A et B jusqu'à la première partie du baccalauréat et ensuite math'élem' et philo pour la seconde partie.

Il y avait "des classes très claires, de vastes cours, des dortoirs bien aérés. Des cabines de douche sont à la disposition des internes, ils y sont conduits une fois par semaine". Par contre, d'après le document : pour les fameuses douches, il fallait payer un supplément annuel de 40 francs !

Beaucoup d'élèves ont fait ensuite des études très poussées comme : Centrale, Polytechnique, Mines etc. On compte aussi des avocats, médecins et bien d'autres parmi les "Anciens".

Le Collège Sainte Barbe ouvre rue Sainte-Barbe (actuellement rue Henri Gonnard) en 1889 grâce à un don de 60.000 francs or de Monsieur le Chanoine Bouché, curé de la Grand'Eglise.

L'Abbé Dorna, cher à notre Association, parle à propos de ce collège "d'action féconde dont a bénéficié notre Cité tout entière".

Bien sûr, cet article n'a pas pour but de reprendre toute la rencontre-mémoire dont le compte rendu peut-être consulté au bureau de notre Association.

Néanmoins, avant de finir, je veux mentionner le Banquet du 75ème Anniversaire de Saint-Louis, pour lequel l'Abbé Dorna avait composé une chanson (nous n'avons pas la musique) et dont je citerai le 10ème et dernier couplet :

Mes chers amis, j'ai terminé
Cette chanson un peu frivole,
Buvons à la prospérité de notre Ecole
A nos illustres invités,
A nos Maîtres, à vos familles,
Qu'en ce jour la franche gaieté
Dans nos cœurs et sur nos fronts brille.

Andrée Rossignol
(extrait du numéro 220 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

 

Mercredi 2 mars 2005 - Le quartier de Fourneyron

Il était temps d'évoquer ce quartier avant qu'il soit totalement chamboulé, suite à la pose des rails de la nouvelle ligne de tramway.

Madame Hélène Gros et Monsieur Louis Carmellino y sont nés, ils vont égrener leurs souvenirs respectifs avec, naturellement, la complicité de toute l'assistance, souvenirs empreints d'une joyeuse nostalgie.

Madame Gros dit : J'ai longtemps cru que ce quartier nous appartenait, nous habitions 18 place Fourneyron à l'angle de la rue Chantegrillet, un appartement comme beaucoup d'autres : deux pièces-cuisine, WC sur le palier, l'évier pour la vaisselle, le lavage du linge, la toilette de toute la famille. Puis elle évoque la cour : lieu unique pour les jeux des enfants et le mélange des classes sociales qui réunissait pour des jeux, les enfants du coin, de la fille de la concierge au fils du droguiste et celui d'un syndicaliste célèbre. C'était aussi le lieu de passage pour les chanteurs, nous leur pliions une pièce dans un papier journal que nous lancions à leurs pieds.

Elle évoque aussi le Café du XIXe siècle, le magasin d'alimentation du Planteur du Caiffa dont le nom nous faisait rêver à des horizons lointains, la Grande Averse, parapluies - cannes - ombrelles en haut de la rue de la République.

Monsieur Louis Carmellino a réalisé, travail excellent, un grand plan de la place sur lequel il a situé tous les anciens commerces, entre autres : le coiffeur Perret à l'enseigne de Figaro à la main légère !, la droguerie Forrissier, le buraliste Michel, grand fumeur de pipes, l'horloger Bourgaud, le Grand Bazar Figuet, Mademoiselle Figuet, avant-dernière propriétaire, nous a fait le plaisir de venir à cette rencontre-mémoire. Elle avait vendu son fond à Monsieur Georges Brun. On y vendait de tout, depuis les casseroles jusqu'aux jouets.

On ne peut citer tous les noms de ces nombreux commerces. Hélas, le glas n'a pas tardé à sonner pour eux, ils sont morts les uns après les autres, victimes des grandes surfaces : dure loi de la concurrence.

Louis Carmellino évoque la vogue qui prenait place huit jours avant Pâques avec le tonneau de la mort, le chahut, la chenille... Il n'oublie pas de mentionner les Cake-Walks sorte de roue horizontale avec des sièges suspendus par des chaînes. Pour s'amuser et faire crier les filles, les jeunes gens prenaient un malin plaisir à entrelacer les petites nacelles. L'accident était inévitable et il arriva. Un jour, une nacelle se décrocha et vint percuter des consommateurs assis tranquillement à la terrasse d'un café : trois morts et des blessés. Heureusement ce genre de manège n'existe plus.

En 1934 la place Fourneyron vit passer Monsieur Albert Lebrun, Président de la République venu inaugurer le monument aux morts.

Dix ans après, le 26 mai 1944, ce quartier, comme presque tous ceux de Saint-Etienne, fut endeuillé par le bombardement. Je traversais la place Fourneyron - nous dit Monsieur Carmellino - jonchée de matériaux divers. Les résilles des câbles des trolleybus étaient à deux mètres du sol, des gens couraient en tous sens dans une atmosphère de fumée, de poussière.

Nous ne pouvons pas quitter ce quartier sur ce triste souvenir. Il faut évoquer le célèbre Café de la Tenaille, 34 rue de Lyon, et chanter en chœur, sur l'air de Cadet Roussel, la chanson de J. Bridet :

A Saint-Etienne, Y a du bon vin
Mais y en a pas dans tous les coins,

Pour boir'le meilleur
faut qu'on aille
Simplement au Café d'la Tenaille.

Ah ! ah ! ah ! oui vraiment
Le vin d'la Tenaille est épatant !

Andrée Rossignol
(extrait du numéro 218 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

·Mercredi 1er décembre 2004 - Vieux remèdes - Anciennes cliniques.

En ce premier décembre, nous nous sommes réunis pour évoquer quelques vénérables remèdes et autres panacées que nos ascendants et nous-mêmes ont utilisés, avec succès, très souvent.

Il n'y a que du bien à dire des infusions de fleurs de sureau, thym et autres plantes sudorifiques pour éliminer virus et germes, base des infusions, surtout respiratoires. Chacun a des souvenirs de ventouses, scarifiées (quel remède barbare !) ou non ; de thermogène et son diablotin crachant une flamme de dragon. Et les sangsues ! charmantes petites bestioles que l'on employait pour faire des saignées en douceur.

Que penser aussi du chou, arrosé d'alcool, cuit dans le lait ou nature que l'on applique lorsqu'on a des douleurs. Monsieur Barou évoque notre regretté pharmacien, Georges Besson, qui avait un remède infaillible pour les contusions : "Piler, dans un mortier, de l'herbe de la rue avec du lard rance". Il y a aussi le jus de carottes excellent contre la diarrhée, il a aussi la propriété de rendre les gens aimables Et l'ail ! Pasteur fut l'un des premiers à noter que c'était un excellent anti-bactérien (cf. Bien Etre et Santé - novembre 2004). Pour remédier au réveil douloureux des lendemains de fêtes : boire un aigo boulido (encore utilisé dans le midi), il faut : 2 gousses d'ail que l'on fait bouillir dans de l'eau salée avec un brin de sauge ou de thym ; au moment de servir sur du pain grillé, ajouter un filet d'huile d'olive. On peut mettre un peu de gruyère râpé pour donner du goût.

Contre les vers ou oxyures, dont beaucoup de médecins niaient l'existence : porter un collier d'ail. Le ver solitaire ne résiste pas aux graines de courge pilées dans du lait, à boire après 2/3 jours de jeûne. On évoque aussi la célèbre arquebuse de l'Hermitage qui soulage toutes sortes de maux tant externes qu'internes ; l'eau de mélisse des Carmes et son petit flacon en bois, la verveine (que l'on peut faire soi-même), le thé rouge, le sirop Bonjean (vendu dorénavant sans éther) qui aidaient à la digestion. On n'en finirait pas d'évoquer tous ces remèdes qui soulageaient efficacement, à condition de ne pas trop forcer sur ceux à base d'alcool. Minéraline du Dr Baud.

Nous allons, ensuite, parler de la Clinique Buisson grâce à Monsieur Hivert, qui en fut le dernier directeur administratif de 1975 à 1991. Il a eu l'amabilité de prendre le relais de Monsieur Gilbert Puech qui, étant malade, n'a pas pu être parmi nous. Nous lui souhaitons une bonne remise en forme. Il faut aussi remercier ce dernier pour l'important dossier sur cette clinique, et sa chapelle, dont il a fait don à notre Association. D'ailleurs, si vous voulez de plus amples informations, vous pouvez venir le consulter au secrétariat.

Tout a commencé par la création d'un petit dispensaire tenu par les Sœurs Franciscaines de Sainte Marie des Anges, principalement pour les malades et les blessés de la mine.

- En 1890 : pose de la première pierre de la chapelle.

"1er juillet 1893 : bénédiction de cette chapelle dont le gros œuvre a été exécuté en entier avec les scories de nos usines. Elle possède un splendide autel en bronze doré, une double rangée de stalles en noyer massif, des vitraux sortis des usines de Messieurs Bégule de Lyon et Lobain de Tours. L'église du Sacré-Cœur de Jésus de la rue Buisson sera une des plus belles et des plus gracieuses de Saint-Etienne" (L'Echo de Fourvière - 6.07.1893). "Monseigneur Jeannerot, Archidiacre de Saint-Etienne et Vicaire Capitulaire présida cette fête accompagné des principaux curés de la ville et de religieux de l'Ordre de Saint François ayant à leur tête le T. R. P. Chrysostome fondateur de la Congrégation de Sainte Marie des Anges " (L'Echo de Fourvière). Après 1920, venue du docteur Maurel. Il y a 30 lits et la clinique prend le nom de Sainte Barbes des Houillères. Pendant la guerre elle deviendra ; Clinique des Franciscaines de Sainte Marie des Anges. On disait aussi couramment : Clinique des Mines. Lorsque les Charbonnages de France seront nationalisés, après la guerre, ce seront les Houillères du Bassin de la Loire (devenant ensuite Houillères du Bassin du Centre-Midi) qui prendront le relais.

En 1950, recrutement des docteurs Pupunat et Fournel. En 1950 : constitution de la Société de la Clinique Buisson et de la Loire. En 1982, les sœurs quittent progressivement le couvent et en 1991 la clinique déménage à Saint-Priest-en-Jarez et devient la Clinique du Parc. En 1992, la Communauté vend à l'OPAC l'ensemble du tènement, sauf la chapelle qui sera rattachée à l'Evêché. Elle est occupée par la Communauté de Saint-Pierre sous le nom d'église Saint-Bernard.

Les anciens bâtiments de la clinique, modernisés et agrandis, abritent à présent la Résidence de personnes âgées et dépendantes Les Lilas. La clinique Buisson.

Monsieur Hyvert se souvient de la compétence et du dévouement des Sœurs qui étaient toujours présentes, de jour comme de nuit. Comme elles pratiquaient l'Adoration Perpétuelle, il y en avait toujours qui priaient à la chapelle. Il nous parle aussi de la "salle des mineurs" grande chambre de 8 lits où il se buvait, hélas, pas mal de "canons". On y avait installé le premier téléviseur de la clinique. Il y avait aussi une pièce capitonnée pour les éthyliques. Il nous précise que c'est grâce à Monsieur Puech que la statue de Sainte Barbe de la clinique est au Musée de la Mine.

Nous quittons la Clinique Buisson pour parler de la Clinique mutualiste de la rue Gabriel Péri et ce, grâce à Madame Proriol, femme de Monsieur Jean Proriol. Elle y a travaillé de 1973 à 1991 que ce soit au service radiologique ou au secrétariat des chirurgiens. Elle nous conte une anecdote amusante : c'est sur elle que l'on a essayé la première échographie.

En 1927, les responsables mutualistes décident de faire construire une clinique, les travaux commencent en 1933 et le bâtiment est inauguré le 22 octobre 1933 par Monsieur Albert Lebrun, Président de la République. Les premiers malades sont accueillis le 4 novembre 1934.

Les premiers médecins furent : Docteur Jean Heitz, chirurgien-chef - Docteur Forge, ophtalmologue et ORL - Docteur Desvignes, urologue. Au départ, il y avait 16 infirmières dont 2 religieuses et, en personnel non-soignant 32 dont 2 religieuses. Nous notons au passage que dans chaque dispensaire, clinique, hôpital, il y avait des religieuses de différentes congrégations. En 1937, on comptait 128 lits. Le Docteur Camoreyt rejoint l'équipe. En 1938, on ouvre une troisième salle d'opérations. En 1950, une quatrième. En 1955, on surélève le bâtiment. On créé en 1962 un service de Traumatologie avec le Docteur Farizon comme responsable. En 1967, le Docteur Gounot pose les premiers stimulateurs cardiaques. Cette clinique était à l'origine réservée aux seuls mutualistes mais, en 1972, elle devient accessible à tous. Elle fête ses 50 ans le 22 octobre 1983, on compte alors 322 personnes à temps complet, plus 17 chirurgiens et biologistes. La cinquième salle d'opérations portera le nom du Docteur Heitz. Inexorablement, il va falloir envisager des regroupements avec la Clinique de Gynécologie du Docteur Heyraud au Rond-Point et celle de la Croix Rouge. Un nouveau centre ultramoderne va s'élever place Bellevue. Avec l'essor de la chirurgie et de la radiologie, il n'est plus possible d'avoir de petites structures comme la Clinique du Docteur Coste avenue de la Libération et la Clinique d'accouchement de la rue Wilson, entre autres. On peut peut-être le regretter car on y était aussi bien soigné que de nos jours mais on ne peut aller contre le progrès.

D'ailleurs actuellement la nouvelle clinique de Montchovet élève ses bâtiments colorés et modernes. Elle va ouvrir prochainement et remplacera la Polyclinique de Beaulieu (Rond-Point), celles de la Jomayère et Michelet.

Nous avons essayé, en ce premier décembre, d'évoquer ces sujets mais ils sont si vastes que l'on aurait pu en parler encore pendant des heures. Peut-être y reviendrons-nous lors d'une prochaine séance.

Andrée Rossignol
(extrait du numéro 217 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

Mercredi 7 avril 2004 - Le Grand Hôtel et ses confrères

Lors de notre rencontre-mémoire du 7 avril, nous avons évoqué quelques hôtels disparus de notre ville et, plus précisément Le Grand Hôtel.

On peut citer (entre autres) :
Le Lion d'Or
, célèbre auberge de la rue Tarentaize,
L'Hôtel du Cheval Blanc qui se trouvait vers la voûte Sainte Catherine du Furan, à côté du Pré de la Foire,
L'Hôtel de Bellevue, place Grenette et non à l'entrée sud de Saint-Etienne comme son nom pourrait le faire supposer,
L'Hôtel de la Poste, 7 rue Saint Jacques, exploité en 1882 par un nommé Jouve qui était dit : Maître d'Hôtel. Il avait été l'élève de Monsieur Alaud, premier cuisinier de Lyon (sources Monsieur Armand Lextrait),
Le Grand Versailles, place du Peuple (sur le côté de l'ex-Monoprix),
L'Hôtel de France, place Dorian,
L'Hôtel des Arts, rue Gambetta, à côté du Musée des Amis du Vieux Saint-Etienne,
Le Modern Hôtel.

Monsieur Lextrait a trouvé, en fouillant dans ses archives, un édit du 1er juin 1532 qui ordonne que : " les gens tenant hôtelleries, tavernes, cabarets, ne donnent à leurs hôtes que : bœuf, mouton, lard, bouillons, œufs, beurre, huile, fromage, merle, hareng, carpe et brochet ".

Toutes ces ordonnances ne devaient pas être bien respectées car un " grand nombre d'établissements servaient de refuges aux larrons, voleurs, blasphémateurs et autres gens " mal vivants ".

De nouveaux édits à partir de 1577 vont établir un véritable code de l'hôtellerie :
* obligation de se pourvoir de lettres d'autorisation,
* interdiction de transformer les établissements en maisons de jeux, d'y recevoir des mineurs de moins de 16 ans,
* obligation d'afficher les prix, de prendre les noms et adresses des clients, de fermer à une heure déterminée, …

Mais notre but principal était d'évoquer surtout Le Grand Hôtel. Le dernier directeur, Monsieur Dusautoy nous a très aimablement prêté des documents et des photos et nous l'en remercions.

Nous avons la chance aussi de compter parmi nos fidèles et assidus sociétaires, Monsieur Jean Proriol qui a été le dernier veilleur de nuit. Il a gardé au creux de sa mémoire de nombreux services qu'il nous a fait partager. Grâce à ses livres d'or personnels, nous avons pu nous rendre compte combien il était apprécié de la clientèle. Nous verrons défiler des photos de signatures de personnages célèbres : Jean Marais, Michèle Morgan, Serge Reggiani, les Frères Jacques, Coluche et bien d'autres, tant dans le domaine sportif, artistique, musical que politique . Oui, Monsieur Proriol avait su se faire aimer, sinon comment expliquer toutes ces chaleureuses dédicaces ?

L'immeuble du Grand Hôtel fut l'un des premiers construits dans l'aménagement de l'avenue Président Faure (Libération) par l'architecte Lamaizière. Tout commença en 1914. Ce bâtiment fut commandé par la Compagnie des Mines de Villeboeuf. Hélas, la guerre de 1914/1918 est déclarée ; le chantier est arrêté au niveau de l'entresol. Par suite de l'exploitation des mines, cette construction va subir un léger affaissement et l'entreprise Robinet va devoir faire des prodiges pour compenser le niveau, notamment sur l'angle ouest, c'est très visible. En 1923, l'immeuble entier fut racheté par la Société Immobilière du Grand Hôtel de Saint-Etienne. Pendant la dernière guerre, les Allemands vont en faire le siège de la Kommandantur, on s'en souvient.

En 1949, Monsieur Charles Giraudon, riche industriel en textile va s'associer avec Monsieur Pierre Lyotard qui possède une grosse entreprise de cycles à Sury-le-Comtal. Ils vont relancer l'hôtel en le transformant de fond en comble pour en faire un établissement de luxe. Le mobilier sera racheté à un palace de Cannes, le bar sera doté de belles boiseries en bois sculpté. Les lustres, le confort ultra-moderne des chambres, toutes avec baignoire ou douche, vont concourir à assurer un cadre luxueux et chaleureux à la clientèle haut de gamme.

Monsieur Proriol va nous raconter comment, à 51 ans, alors qu'il était au chômage, il a dû accepter de travailler comme réceptionniste de nuit. Au début, ce fut très dur pour lui car ce n'était pas un travail facile. Il fallait être à la disposition de la clientèle, et toujours avec le sourire, savoir prendre des initiatives, répondre au téléphone…

Il nous a beaucoup amusés en nous racontant le séjour du Prince Al Tani, un émir du Qatar, venu avec sa famille, ses serviteurs et ses gardes du corps. Quel chambardement ! On lui avait réservé tout un étage. Le personnel devait répondre aux appels à n'importe quelle heure. L'hôtel ne possédant pas de restaurant, c'était Monsieur Gillet, cuisinier, qui s'occupait des repas qui devaient être très copieux. Il paraît que l'émir a particulièrement apprécié les fromages blancs du Forez et les gros gâteaux au chocolat !

Qu'est-ce qui avait pu motiver l'arrivée de ce moderne prince des Mille et Une Nuits dans notre ville ? Une délicate opération du genou qu'il devait subir et qui a été pratiquée par le Professeur Bousquet.

Lorsque toute cette délégation partit, tout le personnel était vanné car le travail avait été harassant, mais, les pourboires étaient royaux ! Ceci se passait en juin 1981.

A la mort de Charles Giraudon en 1975, le bâtiment était en plein rénovation mais une nouvelle concurrence hôtelière se profilait à l'horizon. L'hôtel était pénalisé par l'absence de parkings. Le groupe Lyotard tentera, en vain, de redresser la barre mais, malgré la vente de deux étages et différents plans de restructuration, notre Grand Hôtel fermera définitivement ses portes en décembre 1996.

Monsieur Proriol est très ému, il nous raconte comment il a effectué son préavis de deux mois de licenciement seul, avec ses souvenirs, dans un hôtel sinistre presque entièrement privé de son mobilier. Ne restons pas sur cette note triste car nous pouvons toujours admirer, avenue de la Libération, ce magnifique bâtiment qui reste sous la garde de ses nouveaux copropriétaires qui ont gardé l'enseigne, la verrière et le nom gravé en frontispice.

Andrée Rossignol
(extrait du numéro 214 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

 

Mercredi 4 février 2004 : Les personnalités en visite à Saint-Etienne et les personnalités stéphanoises

Une quarantaine de personnes sont venues pour participer à cette rencontre-mémoire. Malheureusement nous n'avons pas pu avoir de micro (ce n'est pas la première fois) et toutes n'ont pas pu bien entendre malgré notre bonne volonté. Il faut remercier M. Armand Lextrait qui a fait beaucoup de recherches sur le sujet, M. Armand Reverchon émérite responsable des diapositives et aussi M. Georges Brun qui prend la peine d'apporter chaque mois son projecteur car il n'y a rien sur place.Pour cette RM nous avons pris beaucoup de renseignements sur le livre de S. Bossakiewicz qui se trouve dans notre bibliothèque.

Saint-Etienne va recevoir le 22 septembre 1814 le comte d'Artois, futur Charles X. A cette occasion deux arcs-de-triomphe avaient été dressés, on lui offrit des bouquets, un banquet, un concert et la Ville va s'endetter pour régler les dépenses de cette visite. Il en sera de même, d'ailleurs, pour toutes les autres.

Son fils, le duc d'Angoulême vint le 3 août 1816, puis la duchesse (Dauphine, fille de Louis XVI et Marie-Antoinette). La municipalité s'était surpassée en ce mois de juin 1826 : maisons garnies de drapeaux fleurdelisés, feu d'artifice, carillons, salves d'artillerie, etc. Elle logea au château de Chantegrillet, plus tard les visiteurs seront reçus à l'hôtel du Nord. Elle visita la manufacture de rubans de M. Royet, l'aciérie de M. Jackson, la concession houillère de Méons où elle fut reçue par une haie de mineurs " en costumes de travail, la figure et les mains noires ". Elle descendit à - 500 m. par une fendue, et donna même quelques coups avec un petit pic fait spécialement pour elle. Elle alla ensuite aux forges de Terrenoire et à la manufacture d'armes. Il faut noter que tous les visiteurs vont s'intéresser à ces fleurons de notre industrie stéphanoise. Les cris de Vive Madame, Vive la Dauphine, Vive les Bourbons saluèrent son départ. L'ancienne " orpheline du Temple " donnera une somme considérable pour les pauvres.

Lors de la Monarchie de Juillet, les fils de Louis-Philippe viendront à Saint-Etienne, on les recevra aux cris de Vive Orléans, Vive Louis-Philippe.

Le prince-président Louis Napoléon vint le 18 septembre 1852, il sera, lui aussi, reçu avec magnificence. Il visitera, entre autres, la manufacture d'armes. Le dimanche, à la Grand'Eglise, on lui chantera le Domine Salvum Fac Napoleonum et sur son passage s'élèveront les cris prémonitoires de Vive Napoléon, Vive l'empereur.

Et les années passent. Le 3 février 1872, nous recevons Pedro II, empereur du Brésil. Nous rappelons qu'il ouvrit l'Amazone à la navigation, interdit la traite des noirs. Il était membre associé de l'Académie des Sciences de Paris. Il fut détrôné en 1889.

Saint-Etienne était connue dans le monde entier, même en Extrême Orient. Le vice-roi du Petchili, Li-Hung-Chang, ambassadeur extraordinaire de Sa Majesté l'empereur de Chine arrive le 26 juillet 1896. Il était accompagné de son fils le vicomte Li, de deux mandarins, de plusieurs domestiques et de deux médecins. Il y avait aussi son cuisinier qui lui préparera un repas " savoureux " selon M. Bossakiewicz : œufs de poule couvés comme entrée, confiture de nénuphar comme dessert en passant par la salade à l'huile de ricin ! Il visitera le puits de la Pompe, la maison Giron et la manufacture d'armes.

La défaite des Chinois à Palikao (17 km de Pékin) par les armées anglaises et françaises sous le commandement du maréchal Cousin-Montauban avait été le point de départ d'une entente fructueuse entre la Chine et la France. Le maréchal, devenu comte de Palikao, viendra inaugurer le barrage du Gouffre d'Enfer le 28 octobre 1860.

Je ne vais pas raconter en détail la visite du président Félix Faure le 25 mai 1898. Le " président-soleil ", bel homme au demeurant (on verra sa photo) sera reçu par une foule enthousiaste. Il y a beaucoup de clichés commémorant son passage. Son emploi du temps fut très chargé entre les inaugurations (dont celle du monument aux morts de 1870), les banquets, les visites (dont la manufacture d'armes). José Frappa peindra un célèbre tableau commémoratif de la visite du président à l'atelier de passementerie de M. Villard, 32 rue Paul Bert. Félix Faure, affable et souriant, trouvera un moment dans son emploi du temps surchargé pour aller écouter " Les noces de Jeannette " au Grand Théâtre. La Ville dépensera 118.520 francs pour couvrir les frais de cette visite présidentielle.

Le 26 juin 1904, Camille Pelletan, ministre de la Marine, vint inaugurer l'exposition place Carnot et boulevard Jules Janin. Outre la présentation de nos productions diverses en industrie, agriculture, sciences et arts, il y eut des fêtes sportives, des défilés, des attractions foraines. Il paraît qu'un dompteur avait eu l'idée saugrenue de faire grimper une panthère sur sa tête. A-t-elle eu peur ? Toujours est-il qu'elle a glissé et s'est, si l'on peut dire, agrippée à la figure du dompteur pour ne pas tomber. Heureusement, elle ne s'est pas sauvée dans la foule !

Le 9 juin 1907, Aristide Briand, ministre de l'Intérieur, vint inaugurer le monument dédié à Emile Girodet. Ce dernier, natif de Bourg-Argental fut maire de Saint-Etienne de 1888 à 1892 et député de la Loire de 1889 à 1894. Très attentif à la classe ouvrière, il sera à la base de nombreuses réformes économiques et sociales. Il prit la défense de " la mine aux mineurs ". Sous son mandat, on inaugurera la Bourse du travail le 4 juillet 1888. Il supprima aussi la fosse commune dans les cimetières. M. Lextrait a retrouvé " l'hymne à Girodet " écrit spécialement pour l'inauguration du monument par Jean-François Gonon sur une musique de Gilbert Lamy. Le refrain dit :

" Du premier maire plébéien
De notre ardente ville noire,
Le débonnaire citoyen
Ancien député de la Loire,
De Girodet l'homme de bien
Célébrons l'heureuse mémoire
".

Les couplets énumèrent tout ce qu'il a fait.

Les années passent ainsi que la guerre de 14-18. Le président de la République, Albert Lebrun, est dans nos murs le 22 octobre 1933. Quelques personnes de l'assistance, d'autres aussi m'en ont parlé - elles étaient très jeunes - s'en souviennent. Il vint inaugurer le monument aux Morts de la place Fourneyron.

Ensuite c'est la guerre de 39-45. Le 1er mars 1941, le maréchal Pétain vint en visite. On avait " réquisitionné " les enfants des écoles pour agiter des petits drapeaux lors du passage du cortège.Il reviendra le lendemain du bombardement.

En janvier 1948, le général de Gaulle viendra visiter " la ville laborieuse entre toutes " comme l'a écrit M. Alexandre de Fraissinette, maire de Saint-Etienne. Nous n'avons pas de documents photographiques sur ce déplacement.

Ce sera la dernière visite que nous évoquerons. Je n'ai pas voulu parler de toutes en détail mais je rappelle que chaque rencontre-mémoire fait l'objet d'un compte rendu que l'on peut consulter à l'Association. Le mois prochain, grâce à Ms Chaumier, Chilaud et Reverchon " Nos champions d'autrefois… " et, en avril " Le " Grand'Hôtel " et ses confrères, naguère à Saint-Etienne ". Je me permets aussi de rappeler que nous aimerions que vous nous proposiez les sujets que vous voudriez voir traités. Toutes les bonnes volontés sont aussi acceptées pour nous aider dans la préparation de ces rencontres-mémoire, cela demande beaucoup de travail et prend pas mal de temps. Merci à l'avance.

Andrée Rossignol
(extrait du numéro 213 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

 

Mercredi 1er octobre 2003 : Le quartier de Bellevue

En cette saison 2003/2004, pour les rencontres-mémoire, nous sommes "délocalisés " suite aux travaux importants qui vont être effectués au Musée. C'est la raison pour laquelle nous nous sommes retrouvés, nombreux, le mercredi 1er octobre pour évoquer Bellevue en compagnie de Monsieur Claude Chaumier qui connaît bien ce quartier.

Ah oui, cela a bien changé ! On va vite s'en rendre compte en visionnant d'anciens plans : avant et après la création de la ligne de chemin de fer Saint-Etienne / Le Puy-en-Velay.

Autrefois, les Stéphanois qui voulaient se rendre à La Ricamarie passaient par La Béraudière et ceux qui désiraient aller au Puy prenaient la route des Crêtes qui les menait jusqu'à Firminy.

Le chemin de fer roulait beaucoup plus à l'ouest qu'actuellement. Monsieur Joseph Barou nous en donne l'explication : c'était une ligne industrielle qui allait du Puits de l'Ondaine à La Ricamarie et arrivait à la gare du Clapier, via Montmartre, en passant sous un tunnel. La ligne actuelle créée en 1859, passera plus à l'est, et, il y aura une gare à Bellevue.

Monsieur Barou rappelle que la fameuse tranchée du Brûlé, où la troupe a tiré sur les mineurs et leurs familles, était une partie de l'ancienne voie de chemin de fer. Ayons aussi une pensée pour le fameux pont des suicidés. Le Mont était le quartier de la verrerie. L'industrie du verre creux pour les bouteilles n'existait pas à Saint-Etienne, ce sont des ouvriers allemands qui nous ont enseigné cette technique. Il y avait trois verreries : l'usine Soubeyrand-Saumond, la Verrerie Coopérative et la Verrerie Roche, la plus importante.

C'était un métier pénible et délicat car il fallait que les parois des bouteilles ne soient ni trop épaisses ni trop minces afin que la contenance soit toujours rigoureusement pareille. Ces verreries ont disparu définitivement vers la fin des années trente, à cause de la concurrence industrielle. Il reste encore quelques vestiges de ces bâtiments vers la rue des Verriers.

Une diapositive va nous amener à parler du dépôt des trams qui se trouvait à l'emplacement de l'ancien Puits Bellevue.

Tout, même les wagons, était fabriqué et réparé dans les ateliers de la C.F.V.E.(Chemin de Fer à Voie Etroite) Les trams, dont la caisse était en bois recouvert de tôle, étaient peints à la main, Monsieur Barou nous en expliquera la technique : on ne pouvait pas se servir d'un pistolet car les peintures n'étaient pas synthétiques comme actuellement.

On verra des diapositives des anciens trams : motrice et remorque. Combien de Stéphanois, au mépris du danger sont "montés ou descendus en marche ". Aux heures de pointe, il y avait des grappes humaines suspendues aux marchepieds. Un employé dans la motrice et un autre dans la remorque, chacun muni d'une sacoche en cuir, encaissaient l'argent du parcours et remettaient aux voyageurs un petit ticket en papier. Les souches terminées faisaient le bonheur des gamins qui trouvaient là un amusement pas cher.

Le départ était donné au moyen d'un petit coup de trompette auquel répondait un roulement de sifflet et en route pour La Terrasse ! Ces trams n'avaient pas de boggies et, lorsqu'ils tournaient sur la place, un " quinement " aigu fort désagréable se produisait.

Il y avait aussi des brasseries, par exemple la Brasserie Mosser qui était une usine importante. A ce propos, il ne faut pas confondre la brasserie : Usine et la brasserie : Café qui se contente de vendre la bière.

N'oublions pas aussi l'octroi, comme à toutes les entrées de la ville.

Le cinéma, côté est de la place, a perduré longtemps, il avait succédé à une brasserie ; actuellement il y a une succursale de la Caisse d'Epargne.

On va voir une photo de la démolition de l'imprimerie Mulcey. Une autre imprimerie les Ets Watton, se situait rue Gutemberg. Il aurait été envisagé, au début de la guerre de 1914/1918, d'y imprimer les billets de la Banque de France, ce projet n'a pas eu de suite.

La place Bellevue a été aussi endeuillée par plusieurs graves accidents de poids lourds qui, par suite d'une rupture de freins, dévalaient la rue Robespierre et n'étaient stoppés que par les maisons. La création d'un lit de détresse et d'un rond-point a arrêté ce massacre.

Ce quartier a été très industriel, j'allais oublier de mentionner le textile, les Ets Villard et Doron par exemple. Il reste encore quelques grosses "boîtes " comme Samuel Roche et Thuasne, cette dernière maison mondialement connue pour sa spécialité de textile médical.

Avant de clore cette rencontre-mémoire, nous aurons une petite pensée pour le chocolat Pupier qui embaumait tout le quartier.

Le dépôt des trams a été remplacé par la Clinique Mutualiste, la place a fait peau neuve, les nouveaux trams ne "quinent " plus, des lycées et collèges ont succédé aux verreries du Mont, une passerelle enjambe la voie ferrée : adieu le passage à niveau, presque toutes les maisons côté est ont été démolies, il reste le marché qui réunit toujours les habitants de ce quartier très vivant, encore, de nos jours.

A. Rossignol
(extrait du numéro 212 de Saint-Etienne Histoire et mémoire)

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