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mise à jour : 2010 / BR
Les premiers jardins ouvriers à Saint-Etienne ... par le Père Volpette

 

Des premiers jardins ouvriers à l'expérimentation de la construction sociale (1895-1908)

L'article99, ci-dessous, commente une série de photographies réalisées sur les premiers jardins ouvriers créés à Saint-Etienne par le Père Volpette.

Il existe un exemplaire de cet album dans les collections de l'association Histoire et Patrimoine de Saint-Etienne et un exemplaire (numérisé) au MuCEM (Musée des Civilisations Europe Méditerranée).

Lien vers l'album numérisé au Mucem
Lien vers l'analyse de l'album (MuCEM) (fichier Pdf)

 

A Saint-Etienne les jardins ouvriers font partie intégrante du paysage urbain. Leur histoire, leur évolution ont déjà fait l'objet de plusieurs études pluridisciplinaires : historiens, géographes, urbanistes, sociologues, journalistes, se sont déjà penchés sur ces "espaces verts" d'un type bien particulier.

La présente étude, se bornera donc juste à apporter un regard croisé sur les débuts de ces jardins ouvriers, à partir de trois sources que le hasard a permis de regrouper.

En premier, le Musée du Vieux Saint-Etienne abrite dans ses collections un album de 29 photographies intitulé : "Association pour le jardin et le foyer de l'ovrier [sic] à St-Etienne - M.CM.VII" 1. On peut y lire sur la page de garde une dédicace du père Volpette, ainsi rédigée au crayon papier : "A Monsieur Biver, Directeur de la Cie des "Mines de la Loire" le P. Volpette profondément et bien cordialement reconnaissant". Chaque photographie est collée sur carton, avec en dessous une inscription manuscrite à l'encre rouge apportant une bref commentaire. Malheureusement cette dernière est trop synthétique pour pouvoir situer avec précision les emplacements.

L'autre document, est une série d'articles de presse publiés dans Le Correspondant par Jean-Baptiste Piolet sous le titre "Une nouvelle oeuvre sociale, les jardins ouvriers, leur développement en France et à l'étranger" 2. Saint-Etienne y tient une place de choix, l'auteur insistant sur l'aspect "vraiment original(e), dont le mérite m'a vivement séduit (...) et qui (...) paraît apporter une solution très heureuse et très intéressante à l'un des problème de notre temps" 3.

Cette série d'articles sera regroupée dans un petit opuscule intitulé "L'Oeuvre des jardins ouvriers : A Saint-Etienne, A Sedan en France et à l'étranger" 4. L'analyse attentive des deux sources permet de constater que l'auteur a effectué quelques mises à jour dans la version livre. La confrontation des photographies avec la lecture du reportage journalistique avait déjà permis de mieux identifier des clichés.

Le hasard aura voulu qu'une autre source, vienne enfin apporter un éclairage nouveau et complémentaire. La simple mise sur le site web "Saint-Etienne, une histoire de savoir-faire" 5 d'une photo montrant le Père Volpette (photo XXVI) dans un jardin va provoquer cette heureuse et inattendue rencontre.

Des descendants de la famille qui recevait en 1904 notre père Jésuite ont consulté le site et reconnu l'arrière grand-père ! Un message électronique nous en informe, nous signalant également que la famille possède encore quelques archives ... Rendez-vous sera pris, et c'est au résultat de la confrontation des ces trois sources que nous vous invitons dans les lignes qui vont suivre.

L'origine des jardins ouvriers ...

Les premiers jardins ouvriers sont créés vers 1891 par Mme Félicie Hervieu, dans la ville de Sedan. Son organisation officielle se met en place en 1893 sous l'appellation d'Oeuvre de la reconstitution de la famille, regroupant alors 27 familles (145 personnes). En 1898, on atteint 125 familles, représentant pas moins de 530 personnes.

Dès le début, Madame Hervieu obtiendra le soutien des pouvoirs publics 6. Une des particularités de ce premier mouvement est qu'il est exclusivement dirigé par des dames.

D'autres exemples de par le monde ...

En 1894, à Détroit aux Etats-Unis, le maire, Monsieur Pingree décide d'utiliser les terres vacantes de la commune, les louant à 945 familles. Deux commissions sont chargées de la gestion de l'opération (une pour l'exploitation et une autre pour le choix des familles). La même année, à New-York, copiant Détroit, l'Association for imrowing the condition of the poor 7 s'associe avec la Charity organisation Society pour défrichés des terrains dans Long-Island, au delà de Brooklyn, et les met à disposition des ouvriers sans travail. Ces deux expériences seront largement reprises dans 25 autres villes des Etats-Unis entre 1894 et 1897.8 Une expérience est tentée à Berlin en 1896, cette fois à l'initiative du premier magistrat de cette ville. De grande envergure (15.542 personnes) dès son départ, sa durée de vie sera malheureusement très brève, puisque l'idée sera abandonnée l'année suivante.

Les débuts des jardins stéphanois ... Le Père Volpette

Avant d'étudier l'exemple stéphanois, il nous faut tout d'abord faire plus ample connaissance avec son fondateur.

Félix Volpette naît le 2 octobre 1856 à Saint-Rémy de Chargnat dans le Puy-de-Dôme, de parents cultivateurs. Orphelin de mère à sept ans., Félix entre, à treize ans, en sixième au collège de Billom9. Discipliné et travailleur il sera également remarqué pour sa profonde piété, et envisagera un moment de rentrer à la Trappe 10. Sa rencontre avec Dieu se fera à Clermont, en 1876, alors qu'il rend visite à un ami novice à la Compagnie de Jésus. Et le jour de Noël 1878, à la messe de minuit il prononce ses premiers voeux de religion.

Il part alors pendant deux ans à Montciel, près de Lons-le-Saunier pour compléter sa formation littéraire et se préparer à l'enseignement dans les collèges. Son premier poste, il l'obtint à Dôle au collège Notre-Dame de Mont-Roland (350 élèves) ayant en charge une classe de cinquième. Il se trouve très bien dans le Jura, mais sa formation n'est pas encore achevée, il doit parfaire sa philosophie et sa théologie. Félix Volpette doit s'exiler pendant sept ans au fin fond du Pays de Galles, à Mold11. C'est là que Félix fera connaissance avec le monde ouvrier et le paysage des villes minières. Dur moment pour Félix, période de doutes ... Il sera toutefois ordonné prêtre le 8 septembre 1885, il a alors 29 ans. Son retour en France se fera en 1889, au grand collège de Mongré, à côté de Villefranche-sur-Saone, avant de rejoindre l'année suivante le poste de père spirituel au collège Saint-Michel à Saint-Etienne. Il occupera également la fonction de prédicateur dominical. Il y restera jusqu'en 1923.

Dès son arrivée, le Père Volpette visite les familles pauvres de la ville, accompagné des grands élèves. Ce sera sa première prise de contact avec la population ouvrière stéphanoise. Le collège se trouve alors dans le quartier du Clapier (rue Victor Duchamps) à quelques centaines de mètres des mines de Chatelus 12. Il est alors parfaitement dans l'esprit du temps. Peu après, en effet, le pape Léon XIII publiait le 15 mai 1891 sa célèbre Encyclique "Rerum novarum", appelant l'attention du monde des chrétiens sur "la condition des ouvriers" ... "presque ramenés au joug de l'esclavage" (jugum prope servile). Le Père Volpette sera présent (et fortement ému) le 18 décembre 1892, dans la salle du Prado à Saint-Etienne, pour écouter le discours-programme d'Albert de Mum sur le "catholicisme social", en écho à l'Encyclique.

Vers 1894, le Père Volpette décrit ainsi la ville de Saint-Etienne : "Tout allait mal, industries, rubans, mines. On me demandait surtout du travail mais il n'y avait pas de travail. Je donnais des bons de pain, de viande, de charbon. Mais je m'aperçus bientôt que ceux qui me demandaient d'abord du travail revenaient ensuite me demander du pain, s'habituant ainsi à la paresse, et je me fis cette triste constatation que l'aumône plus d'une fois démoralise en habituant à demander ..." 13. Dès 1895, le Père Volpette organise au collège Saint-Michel, aidé par la générosité des grands élèves, une soupe populaire pour parer "à la détresse où se trouvent 90.000 ouvriers sans travail" 14. Mais il cherche encore une solution plus efficace. C'est la lecture d'un article du Temps qui lui apporte la réponse : à Sedan, Madame Hervieu donne un lopin de terre et des semences aux ouvriers sans travail.

"Il a trouvé ! Ainsi fera-t-il ! Et en grand !

... Et, en effet, les terrains ne manquent pas à Saint-Etienne. Les hauts agrès des mines règnent sur un désert, car les champs minés, où nul ne peut bâtir, ne sont pas exploités par les Sociétés. On peut donc louer... On partagera en lots. On donnera, on prêtera outils, engrais, semences. Ce seront les ressources doublées, triplées pour les familles nombreuses. On aura la soupe aux choux et des légumes frais. Ce sera pour tous ces mineurs, déracinés en grand nombre, des plaines du Forez ou des pâtis de la Haute-Loire, le retour à la bonne terre et au chaud soleil." 15

En 1895, le premier pas est franchi ...

"A dix minutes du collège, à l'ouest de la ville, au-dessus de la gare du Clapier et de la mine Chatelus 16, il loua pour 200 francs un premier champ de 14.000 m², auquel une nouvelle parcelle de 6.000 m², louée en 1896, donnera l'étendue de 2 hectares : ce fut le champ Sainte-Marie, le berceau de l'oeuvre." 17 En cas d'échec, le propriétaire, un fermier, promet même de reprendre le terrain. Utilisant le principe qu'un terrain de 400 m² peut nourrir une famille de six personnes en légumes et pommes de terre, le Père Volpette partage donc le terrain en trente lots.

La répartition entre les différentes familles se fit par tirage au sort. "Tous les noms sont mis dans un chapeau. On s'arrête sur chaque parcelle, et là ; un nom est tiré de cette urne improvisée par la plus innocente des personnes présentes, le Père dirigeant tout et mettant aussitôt l'heureux élu en possession de son terrain" 18 Rapidement l'information circule dans la ville, et quelques jours après, le propriétaire d'une carrière voisine offre un terrain, immédiatement baptisé Saint-Joseph, d'une superficie de 1 hectare et demi. La description qu'en donne J.-B. Piolet, ainsi que l'examen des photographies de ces terrains permet d'affirmer sans trop de risque que nous sommes là réellement en présence de ce que nous appellerions aujourd'hui une friche industrielle.

"Il était, en particulier, coupé par deux énormes crevasses, larges de 2 mètres et atteignant par endroit, à une profondeur de plus de 60 mètres, les premières couches de charbon."19 Le Père Volpette, loue ensuite un champ de 2 hectares et demi, au dessus de Sainte-Marie, au lieu-dit les Brunandières, et le baptise Saint-Etienne. C'est à ce dernier terrain que nous nous intéresseront plus.

Pour cette première année, ce sont donc 4 hectares 9.000 m² qui sont partagés entre 98 familles, soit 608 personnes.

Le budget de l'opération se présente sommairement de la manière suivante :

Dépenses


 

Location des terrains

350


Palissades, fil de fer,

250


Instruments de travail

300


Engrais

500


Transport de l'engrais

400


Semences diverses

600


Adduction d'eau

1.000


Frais divers

100


TOTAL

3.500

Recette (évaluation)



Pommes de terre

4.000


Légumes divers

2.000


TOTAL

6.000


Sans l'investissement de départ (1.500 francs), l'aide de 15 francs/famille "rapporte" à celle-ci une production estimée à 4 ou 5 fois cette somme 20. En 1896, l'expansion des jardins se fera en "plein centre socialiste" comme le dit le Père Volpette "... ce qu'on a appelé une de mes grandes audaces. Le quartier des Côtes-Chaudes où nous allons est réputé socialiste. J'y ai voulu avoir mes champs et j'y en ai trois ..." 21

L'oeuvre du Père Volpette s'étend peu à peu à l'ensemble de la ville, puisqu'en 1897, c'est dans les quartiers du nord et de l'est que de nouveaux jardins sont installés. Les chiffres parlent d'eux mêmes : les dépenses s'élèvent à 3.718,70 francs, "et la récolte, autant qu'on peut la calculer, de 16.000 à 18.000 francs, ou 72 ou 82 francs par famille." 22

Au bout de quatre années "d'expérimentation", le Père Volpette aide 375 familles (et bientôt 410), soit environ 2.460 personnes avec près de 18 hectares de terrain devenus jardins. Trois années de récolte ont "rapporté" l'équivalent d'environ 34.400 francs.

Le Père Volpette écrit à J.-B. Piolet qu'il envisage de s'implanter sur tout le pourtour de la ville. Il lui a même indiqué "sur une carte de Saint-Etienne, 10 autres champs qui combleront les vides entre ceux déjà existants et satisferont aux besoins des diverses agglomérations ouvrières, de la Terrasse au nord, du Soleil à l'est, du Jardin des Plantes, de Valbenoîte et de Bellevue au sud" 23.

Les terrains sont soit directement loués par le Père Volpette, soit donnés à son oeuvre par de généreux propriétaires. C'est par exemple le cas de Mme de Rochetaillée qui offre en 1898, dans le quartier du Soleil, un champ de 13.000 m². C'est le champ Saint-Camille, du nom de défunt Baron de Rochetaillée son époux. Les industriels ne sont pas en reste. Le Directeur des Aciéries de Saint-Etienne, M. Cholat offre un champ de 15.000 m² au sommet de la colline du Crêt de Montaud 24. En 1899, Monsieur Villiez, Directeur de la Compagnie des Houillères de Saint-Etienne offre trois champs (Saint-François-Régis, Saint-Claude et un vers le Soleil) contre une redevance extrêmement faible.

Cela porte, pour fin 1899, le nombre de jardins à 580, aidant ainsi plus de 3.000 personnes. Des cours d'horticulture sont même organisés pour permettre une bonne utilisation des terrains. Le Père Volpette est devenu sur Saint-Etienne une personnalité connue et reconnue.


Le fonctionnement financier de l'opération

Nous l'avons vu, il a fallu faire face dès les premières années à des investissements importants. En plus de la location, même minime des terrains, il fallait les aménager (clôture, adduction d'eau, ...) et procurer aux familles outils et semences. Pour cela, la tombola organisée dans le cadre du Collège Saint-Michel ne pouvait qu'y répondre faiblement. Le Père Volpette met donc en place un comité de dames patronnesses, dont le prix d'entrée est fixé a 25 francs/an. "Quelle est la femme charitable, à Saint-Etienne, parmi les mères des élèves de Saint-Michel, parmi les femmes des fournisseurs du collège, parmi toutes celles qui possèdent une certaine aisance, qui lui refuserait, avec l'appui de son nom, une si minime cotisation ?" 25. De 50 en 1896, le nombre passera à 125 en 1898. Avec d'autres secours occasionnels, l'oeuvre trouve ainsi à peu près son équilibre financier. Toutes ces familles pauvres aidées par l'oeuvre du Père Volpette, se retrouvaient donc avec un jardin leur procurant des vivres, mais la douloureuse question du logement, bien souvent insalubre pour ces pauvres, n'était malheureusement pas résolue pour autant. Et lorsque l'on se retrouve avec quelques m² de terrain, la tentation est grande d'y édifier une petite maison pour y loger ... Ce ne sera pas pire que le taudis en ville.

Déjà une "vie de jardin" s'était instaurée peu à peu sous "des tonnelles (...) construites de toutes les manières et avec tous les matériaux, débris de planches, moitiés de persiennes, morceaux de treillis, lambeaux de stores ou de toile métallique, etc., etc.. Il y a quelques fois, une apparence de table au milieu et un ou deux bancs tout rudimentaires. Ce n'est pas riche, ce n'est pas cependant trop laid, surtout lorsque des plantes grimpantes viennent masquer la misère des matériaux, et l'on aime à s'y réunir la famille entière, quelque fois avec un parent, un voisin, un ami, pour y causer à l'aise, pour y jouir de la vue qui est parfois très belle, et à regarder de là pousser les choux, les carottes, les salades ; pour y faire un goûter qui ne sera évidemment pas très riche, mais qu'on trouvera exquis, parce qu'il sera pris en plein air, chez soi, par des gens qui se sentent heureux et jouissent d'un excellent appétit" 26. Cette description nous donne bien l'ambiance qui peut encore régner aujourd'hui dans les jardins ouvriers. On y retrouve toute la convivialité stéphanoise, mais également cet "esprit ingénieux" qui transforme, en un tour de main habile, le moindre objet abandonné et inutile en un élément indispensable à l'amélioration et à l'aménagement du jardin ... la vieille cuillère une fois tordue et fixée au mur devient porte-manteau ...

L'idée est donc soumise au Père Volpette qui sera enthousiaste à cette initiative.


Constructions de maisons ... une timide tentative.

C'est là une partie particulièrement intéressante de l'oeuvre du Père Volpette, que l'histoire de ces premières maisons ouvrières et qui n'est pas très connue du grand public. La première maison sera construite pas un ancien mineur Fraissenon. "Il avait 17 sous de retraite comme mineur, un petit secours comme soldat, 200 mètres carrés de jardin, de plus une chèvre, un chien, un chat, faisant très bon ménage avec lui, et, entre eux, une femme avec laquelle il ne pouvait s'entendre."27 La description qui en est faite par Piolet dans sa série d'articles nous a permis de retrouver dans l'album de photographies, peut-être pas cette première construction, mais en tout cas, une mise en scène particulièrement fidèle à la description 28. "Son hôtel n'était pas luxueux : 4 mètres de long, sur 3 mètres de large, et 2 mètres de haut, avec des murs ne ressemblant en rien à des lignes droites, avec un toit proprement qualifié de l'ordre composite - car il était fait de bois, de tuiles, de pierres et de treillis de fer. - Il se rendit compte lui-même que "sa maison devait être habillée". Il l'habilla avec des courges dont les branches coururent un peu partout et dont les fruits s'obstinèrent à se poser sur le toit. Pour achever le tableau, un élève du collège lui acheta un drapeau tricolore qu'il arborât fièrement les jours de fête." 29

Nous n'avons malheureusement pas encore pu identifier avec précision le lieu de cette première tentative de construction. Il en est de même pour la seconde, construite par un dénommé Martin, "vieillard de soixante-dix ans". Pour ces deux premières maisons, l'aide du père Volpette sera plus morale que concrète. Par contre, il sera plus bienveillant avec le suivant, J. Coston, l'aidant à choisir et couper en forêt le sapin qui servira de poutre de charpente. Ledit Coston est cependant peu expérimenté pour l'art de la construction, et il lui faudra sept mois pour achever son oeuvre, qui est en partie creusée dans le roc. Là encore, difficile d'identifier avec précision le lieu 30.

Il n'en est pas de même pour la suivante :

"La quatrième maison est surtout remarquable par sa propreté. Il y a six enfants, dont l'aînée, une petite fille de neuf ans et demi faisait la classe à ses frères et soeurs quand je la visitai. Il y a des pigeons, des lapins, des poules et tout y est brave, suivant l'expression de la ménagère : un brave mari, de braves enfants, un brave lapin, une brave poule. Il y a deux pièces; le tout est assez bien bâti; mais les poutrelles ne sont guère plus grosses que de gros bâton, de 0 m,07 à 0 m,08 de carré. Le propriétaire, un nommé Thivillier, est un cantonnier qui doit suffire à tout, avec 95 francs par mois et une santé très délicate." 31

Les archives détenues par les descendants Thivillier comportent en particulier un plan de situation. Nous y apprenons ainsi qu'il y a eu une première maison de construite à proximité de la carrière Pichon, en arrière de l'actuelle rue Calixte Plotton 32. Malheureusement trop près de la carrière, il faudra reconstruire quelques années plus tard sur un autre terrain, un peu plus haut, au crêt de la Faye sur le terrain dit des Brunandières 33. Les travaux sont déclarés avoir débuté le 9 août 1900 34. Nous sommes alors dans des terrains de friches, dominant le secteur minier de Chatelus / la Culatte, emplacement d'anciennes carrières. Par contre, nous sommes "à l'air" avec une vue plongeante sur toute la ville, et au loin les premiers contreforts du Pilat. C'est cette seconde maison qui figure sur le cliché XXVI "Une famille heureuse" avec au premier plan le Père Volpette encadré des plus jeunes des enfants.

Cette famille Thivillier est originaire d'Aveizieux. Etienne y voit le jour le 4 juin 1855. Il épouse Marie Ostel en 1887. De cette union il y aura neuf enfants. Tous sont présents sur la photographie. On reconnaît 35 de gauche à droite au premier plan : Victor (1904-1917) ; le Père Volpette ; Jean-Marie (1902-1964) ; Stéphane (1899-1959). Au seconde plan : Marie-Pierrette (1897-1991) ; Antonine (1891-1968) ; Etienne, le père (1855-1940) et son épouse Marie née Ostel ; Anna (1894-1966) ; Marie-Stéphanie (1888-1971), l'aînée ; Louise (1893-1972), assise sur la chaise ; et enfin Henri (1889-1926).

Ce cliché est particulièrement intéressant pour notre étude car il nous a ouvert d'autres pistes. Les archives familiales, et en particulier la généalogie nous permettent de préciser la date de ce cliché, le plus jeune des enfants doit avoir environ deux ou trois ans, la photographie a donc été prise vers 1911 - 1912. Il nous semble alors possible de mettre ce cliché en rapport avec le N° IX. Ne serions nous pas en présence de la même famille quelques années auparavant ? Il n'y a cette fois que six enfants, donc après 1897 (naissance de Marie-Pierrette) et avant 1899 (naissance de Stéphane). Nous serions alors devant la première maison Thivillier (celle décrite par J.-B. Piolet).

Peu à peu l'album photographique "reprend vie" éclairé par ces diverses sources.


La structuration ... avec la création de la " Caisse rurale " ...


Peu à peu la nécessité d'organiser ces constructions se fait sentir. D'autant que le Père Volpette pourrait édifier une vingtaine de maisons au-dessus d'un terrain minier. Les propriétaires de la mine qui le sont également du terrain au-dessus et ne sont pas hostiles à ce projet sous réserve de ne pas avoir à payer d'indemnités en cas d'accidents. Afin d'éviter les risques d'écroulement, le Père Volpette envisage l'emploi d'une maçonnerie dans un cadre métallique. La maison repose ainsi sur un bloc compact qu'il est même possible de redresser en cas de mouvement trop important du sol. Cette technique a été mise en place par le P.L.M. pour la construction de ses gares 36. Mais cela a un coût important, et même en employant une méthode particulièrement économique pour la fabrication des briques, le prix de revient de la maison est d'environ 1.250 francs.

Le Père Volpette décide alors de fonder une "Caisse rurale" basée sur le système Raiffeisen 37 : Tous les membres sont solidaires les uns des autres et responsables les uns pour les autres, sur tous leurs biens. Le capital de départ est de 2.000 francs, apporté par des "amis riches" du père Volpette. Une vingtaine de personnes, dont la baronne de Rochetaillée lui apportent leur concours. Une fois la Caisse rurale créée, il est alors possible d'obtenir des prêts dans les banques à des taux particulièrement intéressants (2 %). Les prêts consentis aux adhérents le sont uniquement pour les jardins (achat d'engrais, semences, instruments agricoles, ...) ou construction d'une maison, écurie, ... Le système de base repose sur des annuités de 140 francs sur 25 ans. Le Père Volpette met également en place un système d'assurance vie, permettant de garantir le remboursement à la Caisse rurale en cas de disparition du chef de famille.

Etienne Thivillier fera appel à ce système pour la reconstruction de sa maison aux Brunandières. La famille a conservé les reçus de la "Caisse rurale des Jardins-ouvriers". Ils portent presque tout le temps la signature F. Vopette. Etienne rembourse normalement 30 francs par trimestre, et terminera le 2 mars 1923. Le remboursement pouvait se faire "en nature". Il en est ainsi pour le 4e trimestre 1903 "Cette somme de trente francs était due à m. Thivillier pour son travail de cantonnier de la maison Coston à la maison Romeyer, et c'est cette somme qui est portée à son actif" 38


Le début des difficultés

Bien que l'organisation va très rapidement se structurer au sein de la toute nouvelle loi sur les associations 39, on va vite reprocher le manque de transparence de l'oeuvre. Nous sommes en ce début de siècle, en pleine période anti-cléricale, et les Jésuites sont la cible de bien des tracas. Le Père Volpette de par ses activités, se trouve donc en première ligne. Les problèmes apparaissent au courant de l'année 1903. Les Archives départementales de la Loire conservent plusieurs rapports de la police de la Ville de Saint-Etienne, pour une enquête diligentée à la demande du Préfet. Au delà de la transparence et de l'aspect financier (y a-t-il ou non enrichissement personnel ou pour l'oeuvre des Pères Jésuites ?), il y est également question de la propriété des terrains.

Il semble bien que la plupart des accords entre l'association et les familles ne passent que par le Père Volpette et soient uniquement verbaux. "Je n'ai jamais eu affaire qu'avec le père Volpette ; et j'ignore comme tout le monde comment est organisée la société "des jardins de l'ouvrier". Cette organisation est tenue absolument secrète ainsi que les noms des propriétaires du terrain. Le père Volpette me dit : Je vais vous donner un morceau de terrain à bail verbal pour une durée de 21 ans seulement. Je vous enverrais des briques de ma briqueterie située rue Palluat-de-Besset, des pierres, de la chaux, etc. " 40 Dans le même ordre, la plupart des reçus de loyer et/ou remboursement de prêt sont signés du père Volpette 41. Enfin, le commissaire de police de la sûreté de la ville de Saint-Etienne mentionne même dans son rapport que "Le Conseil d'Administration n'existe que pour la forme, car le Père Volpette est seul grand maître" 42.

Le Père Volpette n'est pas le représentant légal de l'association qui a pour Président Monsieur Camille Finaz, Directeur de la Cie du gaz, et comme trésorier Monsieur Bréchignac, banquier. Les membres du Bureau sont des personnalités stéphanoises grandement occupées par leur profession, et le Père Volpette est bien évidemment l'homme de terrain, il est donc naturel que l'essentiel des relations avec les familles ouvrières lui incombe.


Autre grand reproche, c'est les difficultés pour connaître avec précisions qui est propriétaire de quoi. Si des terrains sont bien acquis par l'oeuvre 43, certains sont loués, parfois gratuitement. Se pose alors l'épineuse question de la construction de maisons sur des terrains appartenant à autrui. C'est particulièrement le cas pour le site qui nous préoccupe le plus : les Brunandières. Rappelons que nous sommes sur de véritables friches, et la Préfecture lance les recherches de partout pour connaître l'identité du ou des propriétaires. La première piste, la Compagnie des Mines de la Loire sera infructueuse. Le rapport de l'ingénieur des mines suite à la demande du Préfet du 22 avril 1903, "au sujet "des terrains miniers" qui auraient été "concédés" à un professeur du Collège de St-Michel [...]44" établi clairement que la Compagnie n'a pas concédé des terrains audit professeur, et qu'elle n'est pas propriétaire de ces terrains.

L'année suivante, un rapport de police apporte cette fois des précisions particulièrement intéressantes. Il est la parfaite illustration des imbroglios de successions familiales. "Les terrains exploités par cette association situés entre les chemins des Brunandières et du Clapier et le petit Coin figurent à la matrice cadastrale en 52 parcelles 45 numérotées sous la rubrique : "Héritiers de Thiollière-Laroche" depuis 1864, année où le plan cadastral a été dressé. Les noms des héritiers n'y figurent pas et le préposé au cadastre, qui connaît bien l'usage qu'il est fait de ces terrains, dit que cette affaire est absolument incompréhensible et impossible à démêler. [...] M. le Percepteur du canton sud-ouest, rue de la Loire 4, ne connaît pas exactement les véritables propriétaires actuels desdits terrains dont l'impôt foncier est payé régulièrement entre ses mains par des personnes inconnues de lui." 46. La suite du rapport, s'appuyant sur des témoignages, détaille le fonctionnement (construction, loyer, ...) de ces terrains et maisons. Certains locataires payent l'impôt sur les portes et fenêtres. Est annexé à ce rapport un plan sommaire, avec mention des maisons et du nom des locataires. On y retrouve bien évidemment la maison Tivilliers (sic) avec une précision "cantonnier municipal".


La fin d'une expérience ...

Les difficultés s'accumulent, tout semble se liguer contre le Père Volpette. De plus, la valeur des constructions sera rapidement réévaluée, portant à près de 500 francs les annuités, entraînant un refus des familles, des congés, des éventuelles expulsions, etc... Au début de 1904 , une lettre de dénonciation d'expulsions, de contrats exclusivement verbaux, etc. est adressée par "un groupe d'ouvriers du quartier du Crêt de Roc et des Brelandières [sic]" à Monsieur Combe, ministre de l'Intérieur et des Cultes 47.

Aussi, le Père Volpette abandonnera-t-il ce principe, et, en 1908, l'objet de l'association redevient exclusivement la gestion de jardins ouvriers. Il n'y aura plus de constructions sociales dans les jardins. Mais cette courte expérience va toutefois structurer une partie du paysage de l'ouest stéphanois. Encore aujourd'hui, le versant à l'ouest du site de Couriot garde des traces de cette époque. Si les premières maisons ont disparu, le tracé des chemins subsiste, des jardins ouvriers y sont toujours présents, et quelques " villas " sont les témoins de cette première occupation du site.

Par contre, la maison Thivillier n'existe plus aujourd'hui.

Nous l'avons vu, Etienne Thivillier décède en 1940, et son épouse meurt trois ans plus tard. Jusqu'en 1959, c'est Stéphane qui s'occupe de la maison. Elle sera ensuite louée à la famille D. jusqu'en 1984. Nous sommes alors loin des débuts du Père Volpette, et se pose de manière cruciale la question du sol.

En effet, les terrains étaient prêtés à l'Association et les constructions simplement "tolérées". En 1920, lorsque les Houillères de la Loire deviennent propriétaires des terrains il n'ai fait nullement mention de l'existence de la maison dans l'acte de vente, aucun accord avec la Société des mines de la Loire n'a été retrouvé 48. En 1984, après accord de l'ensemble des descendants d'Etienne Thivillier, la décision est prise d'abandonner tous les droits sur la maison au profit des Houillères, qui en contrepartie prendront en charge les frais de démolition et de déblaiement. Ainsi disparaît un des derniers vestiges de cette initiative de constructions de maisons par le Père Volpette.


L'après Père Volpette ... la création d'autres sociétés

Si le Père Volpette est l'initiateur sur Saint-Etienne des premiers jardins ouvriers, très rapidement d'autres organismes verront le jour. Tout autour de la ville, à l'assaut des collines et des contreforts du Pilats, on verra " fleurir " ces petites " tâches vertes " dans la ville noire ... Dès 1899, la Société des Houillères et la Compagnie des aciéries vont concèder quelques terrains. L'année suivante, la Compagnie des Mines de la Loire suivra le même chemin. Ainsi, en 1941, Les Jardins du Père Volpette, ceux de la Société des Jardins Ouvriers des Mines de la Loire et les sociétés non fédérées, c'est près de 12.450 jardins (plus 3.000 jardins familiaux) qui couvrent près de 310 ha. Le record est atteint en 1946 avec 17.000 jardins (dont 6.400 jardins Volpette).

Au décès du Père Volpette, un autre Père Jésuite lui succède. L'histoire retiendra surtout le nom du Père de Thoissy qui prendra en main la destiné des jardins de 1925 à 1975. Il décidera en 1938 de changer le nom de l'association au profit de " Jardins Volpette " rendant ainsi hommage au fondateur.


Tableau de synthèse des premiers jardins Volpette.


Date

Nom

Lieu

Surface

Nb lots familles

1894

Sainte-Marie


14.000

30

1895

Saint-Joseph


15.000

22

1895

Saint-Etienne

Les Brunandières

25.000

46

1896

Saint-André

Côte-Chaude, à côté de l'église

8.000

16

1896

Saint-Ignace

Côte-Chaude, + au nord

4.500

11

1896

Saint-Michel

Côte-Chaude, entre les deux précédents, en revenant vers le collège

6.000

14

1897

Sainte-Marie (additif)


6.000


1897

La Visitation (1)

Près de Montaud, vers le couvent,

3.000

8

1897

La Visitation (2)

Derrière l'église de Montaud



1897

La Croix

Derrière Manufacture d'armes, de l'autre côté du chemin de fer

7.000

19

1897

Les Ovides

Monthieux, vers le puits Marinoni

22.000

52

1898

Saint-Camille

Faubourg du Soleil

13.000

32

1899

Saint-François-Régis

Versant N.E. du Jardin des Plantes

20.000

50

1899

Saint-Claude

Vers cimetière Crêt-de-Roch

15/20.000

40

1899

Sans nom

Quartier du Soleil


30


(1) Ce champ est repris presque immédiatement par son propriétaire, mais le Père Volpette le remplace par un terrain plus grand.

(2) Remplace le précédent.


Bibliographie :


THEOLIER, P. Louis ; S. J. ; L'homme noir chez les hommes noirs le P. Félix Volpette, fondateur des "Jardins Ouvriers" 1856-1922, Action populaire, Editions Spes, Paris, 1930, 139 p.


VANT, André ; Contribution à une géo-histoire des "Jardins ouvriers stéphanois", in Centre de recherches sur l'environnement géographique et social, Cahier 4 (1977), Université Lyon II, UER Sciences de l'homme et de son environnement, éditions L'Hermès, Lyon, 1977, pp. 11-55, cartes


PIOLET J.B. ; L'oeuvre des jardins ouvriers : A Saint-Etienne, A Sedan en France et à l'étranger ; Victor Retaux, Paris et Le Hénaff, Saint-Etienne, 1899, 148 p.

Lien vers l'album numérisé au Mucem

Lien vers l'analyse de l'album (fichier Pdf)

Site www.patrimoinevivantdelafrance.fr - page sur les jardins ouvriers à Saint-Etienne .

Bernard Rivatton

Directeur du musée du vieux Saint-Etienne

 

99 SOURCE : Cet artcile a été publié in : Créations et solidarités dans la grande ville ouvrière, collection Patrimages, IERP, Université de Saint-Etienne, 2003. pp.39-62.

Notes :

1 Amis du Vieux Saint-Etienne - Fonds iconographique - album n.19 ; Album relié cuir dans coffret, 32,5 x 26 x 5,5 cm. Bien que daté de 1907, cet album abrite des clichés plus récents, comme l'étude des documents de la famille Thivillier le démontrera. [le même album est dans les collection du MuCEM : Lien vers l'album numérisé au Mucem)

2 Le Correspondant, 10 juillet 1898, pp. 136-165 ; et 25 juillet 1898, pp. 336-362.

3 Le Correspondant, 10 juillet 1898, p. 136.

4 PIOLET J.B. ; L'oeuvre des jardins ouvriers : A Saint-Etienne, A Sedan en France et à l'étranger ; Victor Retaux, Paris et Le Hénaff, Saint-Etienne, 1899, 148 p.

5 Ce site a été mis en place dès 1996 par Philippe Chapelin, alors rédacteur de la revue des Amis du Vieux Saint-Etienne, et hébergé sur le serveur de l'Ecole des Mines de Saint-Etienne. Ce fut l'un des premiers sites internet consacré à Saint-Etienne. (www.vieux-saint-etienne.com - Saint-Etienne, histoire de savoir-faire).

6 L'oeuvre est en effet encouragée avant même sa création officielle par le Préfet des Ardennes (courrier du 17 janvier 1891).

7 Association pour l'amélioration de la condition des pauvres

8 Pour connaître le détail et le devenir de ces expériences, cf. PIOLET J.B. ; L'oeuvre des jardins ouvriers : A Saint-Etienne, A Sedan en France et à l'étranger, pp.355-358.

9 Le collège de Billom est le premier collège créé en France par la Compagnie de Jésus. Il est dirigé par les prêtres du diocèse au moment où Félix y fait ses études.

10 Il fera une retraite à Sept-Fons, pour y prendre conseil. Mais sa "petite santé" ne lui permettrait pas cette vie si austère.

11 C'est une ancienne prison qui est aménagée en scolasticat. Mold se trouve dans le Flintshire, au nord du pays de Galles.

12 Aujourd'hui le site de Couriot, Musée de la mine.

13 Cité in THEOLIER, Louis, L'homme noir chez les hommes noirs, le P. Félix Volpette, fondateur des " Jardins Ouvriers ", Action populaire, Editions Spes, Paris, 1930, . p. 44

14 THEOLIER, Louis, Op. cit. p. 3 - Préface de Pierre Lhande.

15 THEOLIER, Louis, Op. cit. p.46

16 A l'emplacement de l'actuel puis Couriot, siège du Musée de la mine.

17 PIOLET J.B. ; L'oeuvre des jardins ouvriers : A Saint-Etienne, A Sedan en France et à l'étranger, in Le Correspondant, 10 juillet 1898. pp.146-147.

18 Cette information ne figure pas dans le Correspondant mais uniquement en note dans la version publiée par la suite.

19 Le Correspondant, 10 juillet 1898, p. 147

20 Le journaliste précise qu'en plus, cette première année a été particulièrement difficile, avec une sécheresse extrême.

21 Le Correspondant, 10 juillet 1898, p. 150.

22 Le Correspondant, 10 juillet 1898, pp. 151-152

23 Le Correspondant, 10 juillet 1898, p. 152

24 PIOLET J.-B. ; L'oeuvre des jardins ouvriers : A Saint-Etienne, A Sedan en France et à l'étranger ; Victor Retaux, Paris et Le Hénaff, Saint-Etienne, 1899, p.49. Nous n'avons pas pu identifier clairement ce champ, et donc en retrouver le nom.

25 Le Correspondant, 10 juillet 1898, p. 155.

26 Le Correspondant, 25 juillet 1898, pp. 336-337.

27 Le Correspondant, 25 juillet 1898, p. 337.

28 Album photo n. 19, cliché VII "La tonnelle achevée", collection Musée du Vieux Saint-Etienne.

29 Le Correspondant, 25 juillet 1898, p. 337.

30 Il semble que la maison Coston qui figure sur le plan du 15 avril 1904 (AD Loire - 7 M 62) ne soit pas celle d'origine. Nous verrons plus loin que les premières maisons furent très vite écroulées car construites trop près d'une carrière.

31 Le Correspondant, 25 juillet 1898, p. 338

32 Archives privées - Courrier du 28 décembre 1959 adressé aux Houillères de la Loire : rappel historique pour connaître le statut juridique de la maison et du terrain propriété des Houillères de la Loire.

33 Ce terrain se situait depuis la jonction des actuelles rues Calixte Plotton et de l'Apprentissage d'une part, et remontait vers l'ouest jusqu'au grand virage de la rue Emile Deschanel. Nous sommes alors au sud de l'exploitation houillère du Clapier, sur une zone de "friche industrielle" Un plan de février 1922 recense une vingtaine de maisons dans ce secteur (archives privées). Ce terrain est donné au Père Volpette dès 1895, baptisé pré Saint-Etienne.

34 Archives privées - Récépissé de déclaration de travaux, Commune de Saint-Etienne, 11 août 1900, n. d'ordre 444.

35 Identification faite par Mme Charles Thivillier (04.2002), avec cependant quelques réserves et risques d'erreurs.

36 En particulier pour la gare de Châteaucreux, cf. Sous le regard de l'homme de bronze, Collection Patrimages, n.1, CIER/SR, article de David Lemare, Petit voyage dans l'histoire d'une grande gare, p.69.

37 Frédéric-Guillaume Raiffeisen crée en 1850 en Allemagne la première "société de secours" destinée à soutenir le développement économique des paysans. Ce principe de banques mutuelles est repris en France (Alsace) en 1865 par Jean Macé, à l'origine du Crédit Mutuel en France.

38 Archives privées - Note manuscrite du Père Volpette sur le reçu daté du 31 janvier 1904.

39 Dès fin 1901, le Père Volpette souhaite appliquer la toute nouvelle loi du 1er juillet sur les associations "... Je suis en train de mettre mes jardins ouvriers en association, c'est urgent. Mais que de papier il faut noircir, que d'explications il faut donner, que d'études auxquelles j'étais tout à fait étranger, sont nécessaires ! Et encore aboutirais-je ? " - In L'Homme noir chez les hommes noirs, op. cit. p. 73. Les statuts seront déposés en Préfecture de la Loire "dans les premiers jours de juillet 1902" (AD Loire - 7 M 62, rapport de police du 14 avril 1903).

40 AD Loire - 7 M 62 - Raport du 16 avril 1904.

41 Sur les reçus conservés par la famille Thivillier, entre 1903 et 1908 on ne trouve que la signature du Père Volpette. Ensuite seulement figure majoritairement celle du comptable.

42 AD Loire - 7 M 62 - Rapport du 14 avril 1903.

43 Monsieur Sablière, notaire, chargé des acquisitions est membre du Bureau (AD Loire - 7 M 62 - Rapport du 14 avril 1903). Une note dans ce même dossier liste quelques acquisitions, avec indication du lieu, surface, prix, date d'achat et étude notariale chargée de l'acte.

44 AD Loire - 7 M 62 - on notera toute la diplomatie utilisée alors par le Préfet (l'ingénieur des mines reprenant entre guillemets). Le brouillon du courrier préfectoral (conservé dans le même dossier) mentionnait nominativement le Père Volpette, et les phrases étaient plus affirmatives.

45 Section L (le rapport donne à la fin, les références des 52 parcelles).

46 AD Loire - 7 M 62 - Rapport de police du 16 avril 1904.

47 AD Loire - 7 M 62 - Courrier du 2 février 1904, copie adressée au préfet de la Loire pour enquête, par le Ministère de l'Intérieur.

48 Archives privées - Réponse des Houillères de la Loire à Jean Thivillier. 29 février 1960.

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