Accueil - Home

www.histoireetpatrimoinedesaintetienne.com
Tous les contacts ... l'organigramme ... nous écrire ... le plan d'accès ... Le plan du site ... un moteur de recherche interne ...
mise à jour : 23.10.2013 / BR
Expo dossier :
Les faiseurs de "fiches"
(charnières de fenêtres) stéphanois
des XVIIe et XVIIIe siècles.

 

 

Nous vous proposons aujourd'hui les premiers épisodes d'une recherche historique et archéologique qui, nous n'en doutons pas, aura très certainement des suites ...

"L'affaire" débute il y a quelques années par une demande faite auprès d'un de nos administrateur Michel BOURLIER. Monsieur LANDES, parisien recherche des familles stéphanoises qui seraient faiseurs de fiches au XVIIe et XVIIIe siècles. Il joint une liste de noms relevés sur des fiches qu'il a récupéré sur des chantiers de restauration d'hôtels particuliers parisiens.


Détail d'une estampille : A. Ancelin (retrouvée à Paris)

Textes publié in : n. 181/182 du Bulletin du Vieux Saint-Etienne, printemps 1996 pp.45-50

Dossier complémentaire : les couteliers de Saint-Etienne aux XVIIe et XVIIIe siècles.

     
    Que sont ces "fiches" stéphanoises ...
    Des "fiches " qui nous interrogent ...
    Pour en savoir plus ... "Fenêtres de Paris ..."
    Annexe 1 : Liste alphabétique de "faiseurs de fiches" (hors ceux trouvés à Paris)
    Annexe 2 : Liste alphabétique de "faiseurs de fiches" retrouvés sur Paris
    Annexe 3 : Catalogue de 144 poinçons de "faiseurs de fiches" retrouvés essentiellement sur Paris

 

Retrouvez le menu en haut de page

Mais que sont ces "fiches" ? ...

Dès le XVIIe siècle on retrouve en effet dans les archives paroissiales et notariales la mention de "faiseurs de fiches" ou "fichaires". Il s'agit des gonds enfichés dans les huisseries de portes et fenêtres, et maintenus par des clous "mariniers" à section carrée.

"La production de la quincaille était considérable pour l'époque, l'exportation s'en faisait avant la révolution dans toute la France, l'Espagne, le Piémont, l'Italie, la Suisse, le Levant et les colonies françaises et espagnoles" (J.Schnetzler "les activités métallurgiques", Saint-Etienne, 1975).

Cette fabrication de fiches se continue durant une grande partie du XIXe siècle, confirmant la persistance du système proto-industriel durant cette période (cf. journal du patrimoine n°3 sur l'entreprise Décline).

Nos collections abritent d'ailleurs un catalogue de clincaillerie de la maison Pre BIZALION Père et Fils Jne. (Inv. 980). (La maison Bizalion figure dans l'annuaire de la Loire de 1868, au 14, de la rue du Treuil). On y découvre au hasard des quelques planches aquarellées une série de pages proposant divers modèles de fiches, verrous, targettes, etc ...

Rien d'étonnant donc à ce que l'on retrouve aujourd'hui, dans des hôtels particuliers parisiens de cette époque, et même aux Invalides, un nombre impressionnant de fiches fabriquées à Saint-Etienne ! Les mêmes fiches sont aussi présentes dans notre ville comme en témoigne les récentes découvertes réalisées rue José Frappa, en collaboration avec l'Architecte des Bâtiments de France.


Fiche "à double noeud" et "à bouton", démontée, estampillée B. Chaleyer, retrouvée 11, rue José Frappa (Saint-Etienne)
Collection : Musée du Vieux Saint-Etienne / Cliché : B. Rivatton/AVSE

C'est ainsi que nos collections abritent aujourd'hui plusieurs fiches estampillées B. CHALEYER (+ Croix de Malte). Une a été retrouvée en août 1990 au 155, rue Saint-Denis à Paris; les autres proviennent du 11, rue José Frappa à Saint-Etienne où des travaux de réhabilitation d'un immeuble ont permis de retrouver une trentaine de fiches en juillet 1995.
Sur ce même chantier ont été découvertes des fiches estampillées Claude CANONIER, et des fiches dite "à la bordelaise" datant du XIXe siècle.

Ces découvertes récentes posent de nombreuses questions : organisation de la production, de la commercialisation, etc ... d'autant qu'au delà des fiches, les mêmes questions se posent pour la fabrication des verrous, targettes, etc ... en fait toute la clincaillerie stéphanoise et de la proche région (Saint-Bonnet le Château et ses serrures, Firminy et la clouterie, etc ...).

ll reste à présent à sensibiliser, tant au plan national qu'international, l'ensemble des acteurs de la restauration de monuments du XVIIe et XVIIIe siècle, pour retrouver d'autres fiches estampillées ...

Une "affaire" à suivre donc ...

Bernard Rivatton
Directeur du Musée du Vieux Saint-Etienne.
Janvier 1996

AIDEZ-NOUS dans nos recherches :

Si vous aussi, vous trouvez des "fiches" lors de travaux dans un bâtiment ancien, merci de nous les signaler au moyen de la fiche descriptive mise en place dans le cadre de cette recherche.

 

Téléchargez la fiche questionnaire ... Téléchargez la fiche descriptive (format PDF)

 

Retrouvez le menu en haut de page

Des "fiches" qui nous interrogent ...

L'activité artisanale du "fichaire" était elle soumise aux règles du compagnonnage ? Il semble bien que non. Nous trouvons effectivement des "forgeurs de fiches" âgés de 20 ans à coté de "journaliers", de limeurs de fiches, d'ouvriers "faiseurs de fiches" et de "fichaires"...

L'analyse démontre qu'il a pu s'agir selon le cas de la profession d'une vie, d'une option artisanale momentanée (en écho à la crise d'un autre secteur de l'économie locale... déjà !) comme d'une initiative personnelle marquée du sceau de la réussite et qui a permis une extension d'activités avec une réelle structure "d'entreprise libérale" et l'embauche de personnel (Benoîte BLACHON veuve d'Antoine NOYARI apporte par contrat de mariage à Barthelémy CHALAYER le 25/01/1792 outre des espèces, quatre mille livres de marchandises en stock, mais encore neuf enclumes et des étaux ("estocs"). Ce même contrat (ADL42-Archives notariales FERRANDIN) est par contre muet sur la possibilité apportée de fait au nouvel époux d'utiliser la "marque" personnelle utilisée par le premier époux de Benoîte BLACHON à savoir une "croix de malte", qu'il s'agisse des fiches retrouvées sur les chantiers parisiens ou dans les rénovations immobilières du vieux Saint-Etienne.

Le métier de "fichaires" s'enfermait certes dans des règles propres mais qui n'ont jamais eu la reconnaissance d'une "JURANDE" à l'inverse de la coutellerie locale qui avait ses tables de maîtrise (Collection du Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Etienne). La profession disparue, ces règles nullement codifiées officiellement ont donc disparu avec elle. La tenue des Assemblées de ville confirme cette situation de fait : les forgeurs de fiches y sont représentés à l'intérieur de la catégorie professionnelle des "fourbisseurs" et autres métiers du fer comme tout métier non soumis à jurande (le cas des couteliers).

L'étude de ce métier disparu n'en est donc que plus passionnante car nous ressuscitons là tout un monde artisanal sur lequel pèse indubitablement le poids de la trop traditionnelle sous-traitance si particulière aux activités économiques de l'agglomération stéphanoise (rubanerie et métallurgie confondues) située, déjà très à l'écart des grandes voies de communication en dépit de l'ingéniosité de ses habitants. C'est pourquoi face au pouvoir de la classe possédante des "marchands" (négociants), de l'ambition des grossistes en "clinquaille" qui compte des comptoirs dans toutes les villes clés de l'économie du temps, s'affiche indubitablement avec cette volonté d'identification d'un travail (ingrat et sous-payés) une volonté de publicité avant la lettre et sans doute pour les plus ambitieux la volonté de traiter directement de fabricants à clientèle. (AN - minutier central ET/XXIV/585-vente (et inventaire d'une quincaillerie sis sur le Pont Neuf à Paris) par Demoiselle Jeanne GOUFFETTE à Sieur Jean NOLAN, le 19/12/1717).

Ces familles de fichaires stéphanois ont été étudiées dans le cadre du colloque présenté à l'université Paris I - Panthéon/Sorbonne - Institut d'histoire économique et sociale " Les matériaux de construction en France (XVIe-XIXe siècles) : production et emplois ", présentation le 12/12/1995 par Michel BOURLIER et Claude LANDES : "Ferrures de croisées parisiennes : les poinçons des forgeurs stéphanois, XVII-XVIII siècles."

C'est tout une page du savoir-faire local qui revit ici avec la résurrection de ces artisans de l'ombre ainsi remis en lumière grâce aux fenêtres de PARIS !!!...

Michel BOURLIER
Saint-Etienne, le 30 décembre 1995


Page de l'Encyclopédie concernant la "clincaillerie" ... exemples de la production stéphanoise.

Retrouvez le menu en haut de page

Pour en savoir plus :

La couverture en plus grand ...

- Fenêtres de Paris XVIIe et XVIIIe siècles,

Cahiers de la Rotonde, n. 18, Ville de Paris,
Commission du Vieux Paris. 124 p., 140 ill.


Catalogue de l'exposition qui s'est tenue à la Rotonde de la Vilette, à Paris, du 22 janvier au 20 avril 1997

Extrait du sommaire :
- La fenêtre parisienne aux XVIIe et XVIIIe siècles : menuiserien ferrure et vitrage, par Jean-François Belhoste (ingénieur de recherche à l'Inventaire général) et Guy-Michel Leproux (chargé de recherche au CNRS).

- Un métier disparu : le forgeur de fiches, par Michel Bourlier.

- Etudes métallographiques de fiches de croisées "à double noeud" des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, par Philippe Dillmann (UPR A0423 CNRS, Université de Compiègne, division matériaux) et Philippe Fluzin (UPR A0423 CNRS, Institut polytechnique de Sevenans, Belfort).

- Typologie des fiches de croisées à "double noeud" et "à bouton", par Claude Landes.

- Catalogue des poinçons, par Claude Landes et Michel Bourlier.

En grande taille ... l'oeuvre de Claude Landes ...
"Exhumation", sculpture par C. Landes 0,50 x 0,17 m, 1993 (détail)
Photo : Jean-Luc Godard

La Commission du Vieux Paris .. n. 18 du cahier de la Rotonde.le site de la Commission du vieux Paris (tél. : 01 40 34 23 58)
Pour commander ce catalogue ->
Faire un chèque (postal ou bancaire) d'un montant de 15,24 euros, à l'ordre du Trésor public
en précisant Commande n. 18 Cahier de la Rotonde.
Envoyer le réglement et commande à :
Commission du vieux Paris
(Rotonde de la Villette, place de la Bataille de Stalingrad,
75019 Paris

 

Lire aussi : La couleur des menuiseries : méthode et résultats pratiques, par Michel Bourlier, in Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles : Couleurs de l’architecture Colloque international, 31 janvier – 2 février 2002, château de Versailles.

 

 

 

Retrouvez le menu en haut de page

ANNEXE 1 :

LISTE ALPHABETIQUE DES PATRONYMES DE FORGEURS, FAISEURS, LIMEURS de FICHES recensés dans les registres paroissiaux de la Ville de Saint-Etienne aux XVIIe et XVIIIe siècles dont LES MARQUES NE FIGURENT PAS A CE JOUR DANS LES RECHERCHES PARISIENNES MAIS DONT LES PRODUITS ONT SUREMENT CIRCULE SUR L'ENSEMBLE DU PAYS, dans les NATIONS ETRANGERES, voire dans les COLONIES FRANCAISES DU TEMPS.

BERAUD / BLANCHETON / BORY / BOYER / CANNONIER Claude (estampille relevée sur les croisées à petits carreaux du second étage de l'ancien hôtel particulier des METAYER (puis ALLEON et DELAROA), 11, rue José Frappa, Saint-Etienne, avec le concours de l'Architecte des Bâtiments de France dans la Loire) / CHEVALIER / CIZERON / COIGNET / COLLARD / DUNIERY / ESPARRON / FREY / FILLIOU (FILLIOUT) / GIDROL / GONOD-GOUNON-GONON / JOHANNY / JACQUET / JURIE (JURY) / LARDERET / MARON / MASSON / MEONS / MERIEUX / MONTAGNON (MONTAIGNON) / MONTUCLARD / MOSNIER / PALLE / PERRIN / PEYRON / PIN / REYNARD / SAGE / SANNEJARD / TIVET (avec d'autres prénoms que ceux recensé à Paris : Jean-Baptiste, père de Jacques et Pierre) / VEYRON (avec d'autres prénoms que ceux rencontrés à Paris : Laurent et Claude) / VILLARS

Liste susceptible d'être complétée - État des recherches à l'automne 1995, mise à jour 1997.

Retrouvez le menu en haut de page

ANNEXE 2 :

LISTE ALPHABETIQUE DES PATRONYMES TROUVES SUR LES FERRURES DES FENETRES ANALYSEES SUR LES CHANTIERS PARISIENS REPERTORIES A LA DATE DE CE JOUR (automne 1995)

ANCELIN (avec deux prénoms différents) / BERARD / BESSON BON ou le BON (accolé aux patronymes NOYARY ou VEYRON) / BRUNON (avec trois prénoms différents) / CANONNIER CANOUNIER, CALONNIER, CANONIER (avec cinq prénoms distincts) / CAVE (avec cinq prénoms différents et les mentions "jeune" ou "cadet") / CHALAYER (Barthélémy YER, en l'occurrence, il s'agit là, en l'état des recherches effectuées à ce jour du seul "fichaire" dont la marque ait été retrouvée à la fois sur des fenêtres parisiennes et stéphanoises, en l'occurrence l'immeuble 11, rue José Frappa à Saint-Etienne) / CHALEYSIEU / CHOMIER / COEUR / DAVEZE, DAVEIZE (avec trois prénoms distincts) / DENIS / DODEVEY / DODEVEZE / DONASSON / GRIVOLAT / JOHANNES / MATHOULIN / MICHEL / MOULIN (avec quatre prénoms différents) / NOYARY, NOUARY (avec quatre prénoms différents et associés parfois à le BON) / PERARD, PEYRARD / QUAYRE, CAIRE / TIVET / VERON, VEYRON (avec quatre prénoms distincts associés parfois à le BON) / Vigor MORNAND (Vigor est un prénom si peu usité qu'il a été jugé préférable de l'insérer ici)

N.B. Ces estampilles ont toutes été relevées sur des chantiers parisiens par Monsieur Claude LANDES de Paris et analysées au plan local (identification et données biographiques) par Monsieur Michel BOURLIER de Saint-Etienne.

Etat de la recherche - automne 1995

    Annexe 3 : Catalogue de 144 poinçons de "faiseurs de fiches" retrouvés essentiellement sur Paris

 

Nous écrire à ce sujet >Nous écrire concernant ce sujet ...

 

Histoire & Patrimoine de Saint-Etienne

Hôtel de Villeneuve - 13 bis, rue Gambetta - 18, rue José Frappa - F. 42000 SAINT-ETIENNE
Téléphone : (33) 4.77.25.74.32 -
Tous les contacts ... l'organigramme ... nous écrire ... le plan d'accès ....
Mél. :

Association loi de 1901 - Créée en 1929 (J.O. du 2 mai 1931) - Siret 776.396.350.00014 - APE 9102Z
Site web : www.histoireetpatrimoinedesaintetienne.com (c) Histoire & Patrimoine de Saint-Etienne / B.R. (version 07.2010)
Retrouvez le menu en haut de page
Ce site est auditionné par